... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

vendredi 14 février 2020

Des fardeaux...

Pâle ignorance une lueur quelle est l'errance ? Par une étrange missive laissée lasse cet oubli de souvenir... Lumière véhémente à l'éclat quotidien. Savoir lacunes après les interstices. De préjudices en déshérences quelque instant nocturne même... Je sais ton crépuscule et cette déchéance... Parmi l'hier ainsi, douter de l'évidence... Demande encore à l'oraison, là ou ici. Particulière, cette scansion...

mardi 11 février 2020

"objectivement dénués de tout caractère littéraire..."

Quand la justice s'acharne sur un écrivain, poëte, gilet jaune
Ludovic Bablon, écrivain et poète, mais aussi organisateur de manifestations et Gilet Jaune à Chaumont a été l’an dernier emprisonné pendant 5 mois pour une soi-disant “apologie de crime” dans des poèmes satiriques contre la police en réaction à a vague de violences d’Etat contre les Gilets Jaunes.
Aujourd’hui il est libre, mais la justice a encore 6 chefs d’accusation contre lui. Notamment pour avoir dénoncé sur facebook les violences d’un gendarme contre son épouse ; pour s’être emporté dans un groupe facebook contre un procureur qui venait de mettre 9 Gilets Jaunes en garde-à-vue ; ou encore pour avoir "cherché à jeter le discrédit sur une décision de justice"... Qui plus est il a subi trois perquisitions au sein desquelles ses ordinateurs et ses clés USB comprenant son travail lui on été confisqués.
Ludovic Bablon fait face à un acharnement judiciaire qui se transforme en discrédit artistique quand les juges qui le condamnent pour "apologie de crime" dans deux poèmes affirment que ces deux textes sont “objectivement dénués de tout caractère littéraire”…

Des écrivains et des poètes en prison, ce n’est pas une franche nouveauté… La liste est longue, de ceux qui y passèrent, Clément Marot, Rimbaud à Mazas, Nerval en GAV pour un défaut de passeport (!), Desnos, Genet, Verlaine et Wilde, Sarrazin, Guyotat, etc, Dostoïevski, et tous les Russes et non-Russes qui n’en revinrent pas. Mais chaque fois, il s’agit d’essayer de penser la situation aujourd’hui, et ce qu’elle révèle, pas seulement pour sauver la peau d’un homme, d’une femme, mais pour remettre sur le tapis et sous les yeux de ceux qui n’y sont pas et croient en être à jamais hors, la prison, sa question.
Dans le cas qui nous occupe, celui de Ludovic Bablon, écrivain et poète donc, il va falloir faire plus que d’habitude l’effort de se mettre dans le crâne d’un juge, dans le crâne supposé de la justice française à l’automne 2019. Par exemple, écrivain et Gilet Jaune, le crâne de la justice française ne repère pas, ne détecte pas, n’enregistre pas ; la connexion neuronale nécessaire au raccord écrivain-Gilet Jaune n’a pas lieu. Il y a bien écrivain d’une part (Christine Angot à la télé, Michel Houellebecq sur la table du salon, Honoré de Balzac dans la bibliothèque) et Gilet Jaune d’autre part (extrémiste, raciste, fasciste, gros, pas lavé, mange mal, ou pire, gauchiste), mais écrivain-Gilet Jaune, ça, pour la majeure partie de la justice française, c’est une vue de l’esprit, un oxymore, une aporie, et pour tout dire : une faute de goût.
Ensuite, si vous êtes écrivain (et poète), c’est que vous êtes calme. Un écrivain garde toujours son calme (sauf quand il lui arrive ponctuellement de faire l’écrivain à la télé, mais ce n’est pas son être : c’est l’être de la télé). La preuve que Ludovic Bablon n’est pas écrivain mais Gilet Jaune, c’est qu’il s’emporte. C’est à cela qu’on reconnaît qu’il est indécrottablement (pensent des juges) Gilet Jaune.
Un Gilet Jaune qui écrit des poèmes, admettons. Justement : les poèmes d’un Gilet Jaune qui écrit des poèmes ne peuvent qu’être mauvais, c’est-à-dire non-poétiques, non-littéraires (puisqu’il est Gilet Jaune). De toute façon, on n’écrit pas que les flics sont des ordures ou des putes dans un poème ; ce n’est pas un thème poétique, la police.
Oui mais Louis Aragon, poète et écrivain, composa dans un célèbre poème les vers suivants :
Descendez les flics
Camarades
Descendez les flics
Justement, c’était Louis Aragon. Louis Aragon (bien que communiste — personne n’est parfait) était un poète connu. Ses amis étaient des gens connus. Ils étaient tous connus, ces gens-là, on ne peut donc pas les soupçonner. D’ailleurs c’est son ami André Breton, poète connu, qui l’a défendu et lui a évité la taule, quand il a écrit les vers ci-dessus, en expliquant à la justice française de l’époque que c’était jamais que de la poésie et qu’il fallait pas en faire un fromage. La preuve que la notoriété est capitale dans ce genre d’affaire, c’est que Rimbaud, par exemple, il était pas connu de son vivant, et ses potes pas connus non plus — du coup, il est allé en taule. C’est logique. C’est imparable.
Une autre preuve que Ludovic Bablon est bien plus Gilet Jaune qu’il ne sera jamais écrivain connu, pour un juge, c’est qu’il est pauvre. Vous me direz : mais Genet était pauvre, Nerval crevait la dalle, etc. Justement : à l’heure qu’il est, ils sont en livres de poche, ce qui justifie rétrospectivement leur pauvreté. Quand Bablon sera mort et en livre de poche, il aura le droit d’être pauvre — et Gilet Jaune si ça lui chante ; on est ouverts, dans la justice.
lisez le magnifique Scènes de la vie occidentale (Le Quartanier)
et ses autres livres :
•Perfection, éditions L’Amourier, 2000.
•Tandis qu’Il serait sans parfum, éditions L’Amourier, 2002.
•Histoire du jeune homme bouleversé en marche vers la totalité du réel, éditions Hache, 2003.
•Scènes de la vie occidentale, éditions Le Quartanier + Hogarth Press II, 2005.
•Kidnapping d’un junkie, feuilleton publié dans Le Matricule des Anges, 2005
•Bomb Bunker Buster, avec Anne-Valérie Gasc, éditions Images en Manœuvres, 2007.
•New York. Trois machines d’amour à mort, éditions Les Petits Matins, 2010.
[Consultables ici : http://ludoeducatif.fr/]
Nathalie Quintane via Lundi Matin (illustration L.L. Mars)

vendredi 7 février 2020

Tombeau pour 500 001 soldats


Catherine Hélie/Gallimard

samedi 1 février 2020

Thurston, Watt, Thurston...


Providence, Sonic Youth, 
Your fuckin' memory just goes out the window...

jeudi 30 janvier 2020

Ondes...

Je ne suis qu'une errance, si je viens on m'oublie, si j'insiste on m'étreint, si encor' à la nuit on me précipite... A l'usage on m'efface, à la faute on m'intime, en nocturne ignorance après quelque abîme... Je n'ai pas vu l'ailleurs, si je ploie j'obscurcis, si j'intense ironie, las même en affliction....

mardi 28 janvier 2020

Eye...


The Eye, Salvador Dali, 1945


(...) "L'oeil résiste à une analyse séparée. Prenez conscience que les yeux sont en fait deux globes mous qui flottent dans l'os.

Les impressions ne me voient pas. 

Demandez à quiconque quel sens il préserverait par-dessus tout autre. La grande majorité répondrait la vue, abdiquant un million d'yeux à l'intérieur du corps en faveur de deux yeux dans le crâne. Aveugles, nous pourrions vivre et peut-être trouver la sagesse. Sans le toucher, nous deviendrions des blocs de bois.

L'oeil est un bouche avide
Qui se nourrit du monde." (...)

(...) " L'oeil est issu de la lumière, pour la lumière. Des organes et des surfaces indistinctes évoluent vers leurs forme unique. Le poisson est façonné par l'eau, l'oiseau par l'air, le ver par la terre. L'oeil est une créature du feu." (...)

Fragments d'un texte parus dans la revue Eye en 1968
Extrait de Une prière américaine (10/18) Jim Morrison (pp. 219/227) traduction Hervé Muller



dimanche 26 janvier 2020

90's (Pérec style)

1 - Je me souviens de l'Europa...
2 - Je me souviens des Creatures...
3 - Je me souviens de cette absinthe partagée à la nuit entre frères...
4 - Je me souviens de Grace, So Real, ou Eternal Life...
5 - Je me souviens des mois de solitude incertains au mitan...
6 - Je me souviens du set des Hot Stuff, et de cette blague sur le Safi (cf:1)
7 - Je me souviens des Nuits Magnétiques
8 - Ainsi que de leur habillage sonore: Annobon
9 - Je me souviens de l'été 1993, homérique...
10 - Je me souviens d'un premier avril au Krakatoa...
11 - Je me souviens de l'Amphi 700...
12 - Je me souviens de Sub Pop.
13 - Je me souviens de Heat, une révélation.
14 - Je me souviens de la comète Hale-Bopp. 
15 - Je me souviens des hérissons et des écureuils
16 - Ainsi que de leurs interactions étonnantes.
17 - Je me souviens  du calme avant la tempête (1999)
18 - Je me souviens de l'accueil bath "Chez Marcel"
19 - Je me souviens de cet instant norvégien(ne).
20 - Je me souviens  même de mon ignorance...

jeudi 23 janvier 2020

Emeutes

Partout l'hier ailleurs au lendemain encore Emeutes d'errances vaines en nuit l'après-midi Emeutes vagues incertaines à la mer indifférence Emeutes à la lumière d'éléments internes Emeutes le premier sang versé, une admonestation Emeutes après le temps, en nébuleux moments Emeutes 

lundi 20 janvier 2020

Crachons (une anaphore...)

Crachons nos errances & insolences
Crachons à la tête d'experts satisfaits
Crachons aux visages bleuis d'amertume
Crachons leur mépris & nos viscères
Crachons encore aux arbitraires
Crachons à leurs mines (dé)confites
Crachons à l'ignorance du malaise
Crachons après les serviteurs volontaires
& leurs maîtres, (il)légitimes & vulgaires
Crachons, crachons, par-delà la salive & le temps.

mercredi 15 janvier 2020

Charly...


merdre...

Extime (ivresse)

Ivresse extime... De l'errance des mouvements en mouvance des errements, une vie... Après la nuit, encore la nuit... Rien n'existe qu'un râle passant à l'orage... Savoir la chute à la seconde... Comprendre l'éternité comme un infini - las, mol... Je continue de feindre d'ignorer, comme à l'instant je chois... 

Sperenza


Jadis, Pilar Stupa

Inactuel

Nous ne sommes rien, soit...  Soyons moins encor' adoncques; devenons l'incertain, l'indicible, l'ineffable, l'interdit, l'illicite, l'incurable, l'inédit, l'inactuel, l'inactuel... In fine, constituons l'inéluctable pour le pire, ou...

jeudi 9 janvier 2020