... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

samedi 30 mars 2013

l'étonnant raymond federman



" (...)
la littérature ~~~
c'est quatre murs ~~~
une table~~~~
une chaise ~~~
du papier ~~~
des crayons ~~~
ou bien une machine à écrire ~~~
si vous composez directement à la machine ~~~
et tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac ~~~
et après ça ~~~
des heures et des heures ~~~
des jours et des nuits ~~~
des semaines et des mois ~~~
et même des années et des années ~~~
à taper dessus ~~~
sur la machine ~~~
et à se taper le crâne contre le mur ~~~
à se taper le cul sur la chaise ~~~
tout seul ~~~
ouais tout seul ~~~
à regarder les mouches voler ~~~
à se décrotter le nez ~~~
à fumer des cigarettes à en crever ~~~
à renifler ~~~
à tambouriner la table du doigt ~~~
à ne rien faire ~~~
à attendre que quelque chose vienne dans la tête ~~~
à se demander qu'est-ce que je fous là ~~~
~~~
voilà où et comment ça commence la littérature ~~~
et c'est pas tout ~~~
non ~~~
n'allez pas vous imaginer que c'est tout ce que j'ai à dire sur la littérature ~~~
~~~
la littérature ~~~
c'est de la patience ~~~
et de la détermination ~~~
de la violence ~~~
et du jemenfoutisme ~~~
~~~
donc une simple question de ~~~
corriger copier additionner multiplier couper citer inventer ~~~
~~~
simple question de ~~~
transformer plagier voler manipuler réduire diviser réviser ~~~
~~~
simple question de recommencer méditer dégueuler mentir ~~~
~~~
simple question d'écrire réécrire détruire déchirer s'arrêter~~~
~~~
simple question de rêver s'endormir se réveiller hésiter ~~~
~~~
simple question de se masturber avoir la gueule pleine de sales goûts se suicider dire et redire et bien sûr pleurer de temps en temps et rire le plus souvent possible ~~~
ah oui RIRE aux éclats en douce à voix haute silencieusement en se tapant sur le bidon avec les larmes aux yeux en pissant dans son pantalon à en mourir et même à en crever en se tordant en se tortillant en étouffant dans des sanglots ~~~
et c'est pas fini ~~~
non ça ne fait que commencer ~~~
ce n'est que le début de la littérature ~~~
car la littérature c'est aussi des mots ~~~
ah LES MOTS en vous autour de vous au fond de vous et ces mots on les regarde on les touche on les aligne on leur tape dessus on les retape on les retouche on les cherche on les trouve on les perd on les manipule on les transforme et tout ça tout ça LE CUL SUR LA CHAISE  
(...)"


in amer eldorado 2/001 (al dante) pp 114/116





" Oui, j'ai donné des noms à toutes mes cicatrices."

in mon corps en neuf parties (al dante) p 49




vendredi 29 mars 2013

félicité...

choc électrique / sinueuse impulsion / convulsions hépatiques / synapses érotiques... intenses / errance cathodique / souvent stances sont des semonces / ce crâne une enclume / installation corps abîmes / je sais enfin / cette histoire insincère et publique / intime ailleurs par-delà l'échéance / ton vide mon extime / homme univers insane / gangrène / spectre visage pâle / animales cendres centrales / ton épiderme inactuel / et sa sentence, lâche / rien n'existe peut-être qu'un éclat éphémère / ultime fracas, poussière pour poussière / objurgations, menaces & merde...

mardi 26 mars 2013

les demoiselles d'avignon


1907

l'art n'est pas chaste, ou s'il l'est, ce n'est pas de l'art... Picasso

bruit de fond, moments



La pièce « Bruit de fond », combinatoire de 21 photographies en noir et blanc, est une sorte de méditation visuelle éclatée, discontinue, qui, de l’intime au collectif, de l’histoire au constat, voire à la prédiction, du texte à l’image et de l’image au texte, en appelle à l’histoire du siècle et plus largement à l’idée de génération – la succession des âges et l’héritage du savoir, mais aussi les stades multiples de la genèse des images dont la série serait le feuilleté.
Photographies de famille, photocopie, frappe dactylographiée, police courrier, retouche au crayon, reproduction, tels sont les moments, strates ou dépôts, que l’image photographique, fragile palimpseste de la mémoire, amalgame, immobilise en une même surface. Les fragments ou éclats de texte – refrain patriotique, articles de presse, dates, listes, mots – imprègnent, impriment, tatouent parfois ces représentations des êtres chers, soit trame de fond soit marques indélébiles, reliquats de sens sur les lambeaux d’espace-temps que sont les photographies

lionel fourneaux


lundi 25 mars 2013

... on the run

video

on est loin d'imagine...

samedi 23 mars 2013

naufrage

Il s'agit de pénétrer les tréfonds d'une âme lasse ou les lignes d'ennemis insanes. Foutre la zone encore hier et jusqu'à l'aube. Foutre la zone avec élégance et sans ambages. Il s'agit de faire chier ce monde - malade par ailleurs - malgré la flagrance de l'échec à venir - dont on se fout. Délétère. Naufrage volontaire. Il s'agit d'emmerder tous les peuples même s'ils s'ignorent... les vivants s'évaporent avec crasse impéritie. Il s'agit d'atteindre ces corps en leur chair animale. Foutre la zone espérer que d'autres... Notoire est l'illusion, par-delà la scansion. Foutre la zone...

lundi 18 mars 2013

a dream within a dream

Tiens ! ce baiser sur ton front ! Et, à l'heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l'avoue : tu n'as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve ; et si l'espoir s'est enfui en une nuit ou en un jour, - dans une vision ou aucune, n'en est-il pour cela pas moins PASSE ? TOUT ce que nous voyons ou paraissons n'est qu'un rêve dans un rêve.


Je reste en la rumeur d'un rivage par le flot tourmenté et tiens dans la main des grains du sable d'or - bien peu ! encore comme ils glissent à travers mes doigts à l'abîme, pendant que je pleure -pendant que je pleure ! O Dieu ! ne puis-je les serrer d'une étreinte plus sûre ? O Dieu ! ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable ? TOUT ce que nous voyons ou paraissons, n'est-il qu'un rêve dans un rêve ?


un rêve dans un rêve, E.A.Poe, in Poèmes, p.57 (poésie/gallimard) traduction: stéphane mallarmé.

samedi 16 mars 2013

écarlate

fendre les vaines injonctions visage pâle tréponème corps inarticulé poussière pour poussière air expiré à la tombée originelle après matière rien n'existe que la vie urticante ton forfait mon cercle d'ombres érection(s)   encore un temps indélicat arène intense shock corridor stérile acuité après les phonèmes écarlate ce regard à peine mensonger s'érode encore... rien ne demeure ici qu'un monde fini, éteint peut-être, à la capture d'ondes incertaines, propices... j'oublie hier et ses années de plomb, lasses... j'attends demain, encore las, voire...

jeudi 14 mars 2013

être vivant ?

... comme franz et quelques autres.

samedi 9 mars 2013

tangence

cela palpite à la surface corps projections
trous univers noir frisson
par la bande 
magnétique
fascinante lassitude
exquise
nous ne somme rien
ailleurs invective
compromissions
ludique encore
confession(s)...
rien n'existe hier,
et les mondes parrallèles
sont à chier.


l'intégriste athée...


L’intégriste athée  n’a jamais colonisé la cisjordanie.
L’intégriste athée  n’a jamais assassiné d’ enfants juifs au nom du peuple palestinien – qui ne demande rien tant.
L’intégriste athée  n’a jamais intimidé, menacé, ou tué quelque médecin pratiquant l’avortement.

L’intégriste athée, au lieu de détruire des vies, n’envisage que d’anéantir des symboles:
-poser nu(e) pour emmerder les frères musulmans
-danser dans les cathédrales pour faire chier l’évêque
-organiser une gay-pride à jérusalem, pour montrer au monde entier que les mafias du Livre savent parfois faire cause commune, quand sont menacées leurs bases…

Cela dit, dans notre monde de cons, que valent quelques vies en regard des symboles qui en imposent, pathétiques...

à tetave, l'inénarrable

la forêt

samedi 2 mars 2013

demain plus que la veille...

Mourir hier un temps d'automne en plein hiver... et merde ! l'avenir est à chier, certes, mais guère plus que le passé dont on s'est extrait avec quelques éraflures, et des hématomes, voire. J'attends demain plus que la veille, parce qu'il s'en vient quand elle s'en va... concave, l'excitation passagère et scélérate, sa manifestation aigre. Encore quelqu' incertain élan, certes. Interstices, sacrifices, merdre. Rien n'existe que la perte, ainsi...

au nombre de sept...

La belle Assyrienne aux chevilles de nénuphar se déshabille devant un poisson de courant d'air qui n'est ni jeune ni gai et n'a plus d'espoir que dans les veines des femmes. Celles-ci ont aujourd'hui le plus grand souci de conserver à leur colère cette forme de table rase qui leur va si bien. Une d'elles, démoniaque et blonde, descend des arbres centenaires en roulant les hanches pour le plus grand plaisir des oiseaux qui crient une romance patriotique dans le genre du Chant de Départ. Les feuilles en pâlissent et laissent couleur tout leur lait sur les citadins vêtus de verre et de flocons de neige. Ils prient les écorces amères de leur donner une joie suave comme un fleur qui vient d'éclore dans un vase ancien somptueusement décoré de pièces d'horlogerie et de serrures. J'entends justement une serrure qui grince dans un arbre dont les racines plongent dans la lune et les feuilles abritent le soleil. Qui est là ? - Nestor, répond la clef qui tourne avec une lenteur tragique, susceptible de provoquer chez d'autres des troubles pathologiques graves. Dans un jet de porto voici Nestor, plus héroïque que jamais. Il coupe sa chair en quatre par pure charité, mais elle ne peut pas satisfaire  les pauvres assemblés qui demandent les tables de la Loi. Nestor s'en désole et invoque les divinités de la mousse. Celles-ci répondent à son appel. Elles sont au nombre de sept. La paresse qui a une robe de ronces. L'envie qui porte sur sa tête un pot de lait aigre. La colère qui tient dans ses mains une poignée de macaronis. La luxure qui est tatouée de sexes et porte une couronne de foutre sculpté. L'avarice qui prit dieu  de lui donner une barbe de bois mort. Le désir dont les bras se tendent vers un oiseau qui accourt du fond de l'horizon tenant dans son bec une inappréciable cravate. Le suicide qui porte un manteau de revolvers et crache des flammes bleues.

toutes les sept sont réunies autour d'une marmite qui bout sur un feu illusoire. (...)



in la brebis galante, benjamin péret (les perséides) pp 69/70