in Le Tutu, Princesse Sapho, pp.176/177 (Tristram)
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samedi 1 juillet 2017
le roman le plus mystérieux du XIXe siècle (bis)
"Ils étaient parvenus au pied de l'escalier de Tréport-Terrasse, un tout petit escalier de quatre cents marches, quasi perpendiculaire, pourvu d'une rampe non rabotée qui enfonçait des esquilles de bois dans la peau, si bien qu'on en était réduit à monter avec le secours de soi-même, en se disant: Hue ! en s'encourageant, en se faisant manoeuvrer les jambes avec les mains. On s'arrêtait, on se recalait les poumons en absorbant un peu de feu, puis l'on s'attelait à l'ascension. A mesure, l'immensité de la mer apparaissait, et l'homme, tout en bas, ressemblait à un pou, à un pou de vipère, tant il est abominablement hideux dès qu'il commet l'imbécillité de se montrer à ses semblables, à quelque distance qu'il se tienne d'eux. Si l'homme avait conscience de la quantité d'horreur laide ou de laideur horrible qu'il traîne après lui, il creuserait un grand trou dans la terre, y fourrerait un milliard de kilogrammes de panclastite, et brûlerait la cervelle au globe infect sur lequel il promène sa carcasse immonde. Rien n'est plus laid qu'un homme, si ce n'est deux hommes. Jésus-Christ en avait attrapé une nausée profonde, c'est pour cela qu'il se vit crucifier: de cette façon, il n'avait plus la corvée de la vue de l'humanité."
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mardi 10 décembre 2013
le roman le plus mystérieux du XIXe siècle
Il fit élaborer un projet de loi relatif à l'abrogation de la pénalité ordinairement encourue pour les adultères, à laquelle il substituait un supplice unique dans les annales de l'humanité. Et il présenta, à la Chambre, la défense de son projet dans un discours dont l'écourtement des mots provoqua des remous chahutatoires à tous les centres et à tous les extrêmes. Il commença ainsi: " Mes, le gouv de la Rép ne doit négl auc occ d'amél la sit mor du peup." La sténographie fut en déroute et il se fit un calme, parmi l'assemblée, qui ressembla à une congélation du silence. "Oui, mes, reprit-il, Dieu dit un jour: Tu seras pun par où tu aur péch. Eh bien, ici bas, la rép des dél n'est pas touj conf à la par div." Un vacarme en fa majeur accueillit ce début; la sonnette du président acheva de branle-basser l'auditoire. Mauri dut recommencer, en une prononciation compréhensible. "J'ai remarqué que tous nos discours sont d'une longueur plusieurs fois kilométrique. Pourquoi ne point les abréger en coupant les mots en deux ?" Puis il continua, bafouilla, corrigea ses phrases lorsqu'il s'y glissait des répétitions. Il disait: "Pardon, il y a deux fois le mot infidèle dans le membre de phrase que je viens de prononcer, je me reprends." Et il remplaçait le mot répété par un synonyme. Tout son projet fut adopté unanimement. Le paragraphe principal était ainsi conçu: "Quiconque sera convaincu d'adultère aura à subir l'amputation partielle du membre avec lequel le crime aura été commis. L'amputation ne pourra dépasser un centimètre. En cas de récidive, l'amputation sera de deux centimètres. Le modèle de l'instrument de supplice présenté par le gouvernement est adopté."
in le Tutu, Princesse Sapho, pp 123/124 (Tristram)
dimanche 26 avril 2009
le tutu, princesse sapho

alors là les enfants arrêtez TOUT...
si vous écoutez skyrock, appelez ces jeunes couillons pour leur déclarer: les problèmes de boutons sur le gland, y en assez, lisez le TUTU, nom de dieu!
si vous écoutez rmc, appelez "les grandes gueules" ( émission surréaliste s'il en est, mais dans le sens péjoratif du terme) pour déclarer: la tva, l'album de carla, basta! les radars, les chiens qui pleurent , ma belle-mère au crazy horse , qui a tué qui et pourquoi, on s'en fout: lisez le TUTU, nom de dieu! sauf daguin qui ne sait pas lire: on l'autorise à s'étouffer avec son pâté...
si vous croisez ppda, dîtes-lui, bien fait connard! t'avais qu' à parler du TUTU au journal ( et pour une fois que l'inénarrable mari de la chanteuse prends une bonne décision , on va pas pleurer, non...)
bientôt le quatorze juillet: arrêtez tous les défilés, et hurler dans vos mégaphones: moi, je lis le TUTU, nom de dieu...
au prochain match des bleus, crevez le ballon, et allez sur le pré, lire le TUTU nu, en vous roulant dans l'herbe...
sur les plages, aux restaurants, dans les caves des cités et les avions à réaction, lisez le TUTU...
vous ferez peut-être un lyon-paris en 18 secondes, qui sait...
voilà donc un bouquin écrit en 1891, et qui devait être publié par genonceaux ( premier éditeur en quelques mois de lautréamont et rimbaud, excusez du peu...); notre ami ce serait mis au vert quelques temps(ceci est établi,à cause d'un bouquin menacé de censure, peut-être celui-ci,du reste), le livre ne paraissant jamais... l'étonnant pascal pia , qui écrivit à son propos un article révélant son existence dans la quinzaine littéraire en 1966, l' aurait déniché grâce au hasard seul, et n'en a jamais dit plus... pas une trace de ce manuscrit, même à la BNF... d'autant plus étrange que ses 200 pages annoncent jarry, dada, queneau, les surréalistes, rien que ça... certains aspects du bouquin sont même étrangement contemporains... l'aérolite , pour reprendre rìos, serait-il apocryphe... il ne fut publié chez tristram qu'en 1991... aujourd'hui réédité par le même, augmenté de 3 postfaces: une inédite de julian rìos, un extrait du texte fondateur de pia, et une enquête de j.j. lefrère, retraçant le parcours rocambolesque du bouquin...si c'est une supercherie, ce que personne ne semble penser aujourd'hui, d'après la nombreuse littérature que j'ai pu compulsé hier-merci le ouèbe- on en veut beaucoup, des "comme cela"... sinon, on peut toujours rêver à ce cas de "pathologie littéraire" ( libé) , à ce livre " prodigieux, lyrique, délirant et beau, qui se déforme comme sous la pression d'un rêve" ( la quinzaine)...
pour ma part, j'ai eu la sensation surprenante, à sa lecture, du silence de la nuit déchiré par le franc éclat de mon rire...
un court extrait:
"le mariage se sacrementa à saint-germain -des-prés. la mariée,le marié, et les gens de la noce portaient le deuil. on en avait décidé ainsi, afin de ne pas faire comme tout le monde. l'évêque de djurdjura prononça une gaillarde allocution, il s'étendit longuement sur les plaisirs du mariage et, à voix basse, insinua: vous allez vous en payer, mes gaillards, la france vous en sera reconnaissante un jour. "
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