... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

mercredi 31 décembre 2014

dimanche 28 décembre 2014

après l'antre.

 ailleurs à la fin tel encore errance savoir non après un sens à partager ou à dissoudre tel sceptre encore ignorance est-ce ainsi vulgaires zones d'ombre après hier à la pénombre... encore à l'hécatombe... terrible instant juste après l'antre... qui est-ce parmi les ombres... évoluer parmi les avalanches ou... être exsangue après l'inhérence...

vendredi 26 décembre 2014

Mansour, par Molinier


confer: Molinier (Bernard Letu éditeur) p.33

mardi 23 décembre 2014

extime... ou.

ton eros mon estime courir après ce corps être extime est tense encor même itinérance fluide ou certaine clandestine savoir versatile près l'élan somme souterraine inhérence hostile sentence divisions ton s'agir après les stances savoir abandon(s) au loin parmi cet élan mensonger intrinsèque même à la fin de la nuit suite encor'... et ainsi... merdre.

come on, people !


à l'occasion du No Reform Tour 

samedi 20 décembre 2014

impossible...

incertain par-delà l'eros encor exchange à sa fin limon d'errance savoir braque après quelque intention à raison souvenance(s) rien va hier ici ligne courbe à la vie mental espace après ton nom élan sinon indifférent existe ainsi parmi cold turkey savoir aussi ce tome ignorance encor inattention ailleurs un précipice vertige même instance pacifique merde savoir merdre encor perdre haleine ou hérétique distance... impossible. voire impossible...

vendredi 19 décembre 2014

vivre.(5)

il ne s'agit pas seulement de ne point être le problème. encore faut-il ne point être la solution...

itération... exorcisme ?


via dolphy00

mercredi 17 décembre 2014

éloge de l'informe...

par-delà la chute... absence sans sommeil errance axillaire parangon souvenance. bandelettes non. ignore alternance. à tes lèvres... éloge de l'informe comme ailleurs ici même.  fragmentaire tendre transparence... anonymat. savoir sa merde scandale... déportement merdre ravissement soit... ton trouble à l'évidence. nos mythes ensuite, savoir à zone d'ombre. sourdre ainsi malgré les hémisphères... un temps omis quand dette soit. scandale corps à la fin univers. errance encore contamine loi... relief est instant pour quelque errance inhérente. son terme exact, de valeur et d'échange. connaître la fin ou...

lundi 15 décembre 2014

tunnel

nul n'est tenu tout est tunnel même las après l'errance toujours roide à l'estime négligeable finir à ne pas savoir finir même malgré l'ombre perpétuelle élan par-delà l'hémisphère prolonge flamme incertaine horizon lointain quoique sobre de valence en jachère merdre somme mensongère après le coût éreintement des traces bannières d'égarements en zones d'ombre hier un délitement à l'aube souveraine voire cette atmosphère après ce souterrain passage alone...

liquidité du je

OBJET


LE DOUBLE 


a/      l'absence dans les degrés, l'excès du corps: il disparaît. hors texte il donne lieu à l'instance de l'accident, à la pliure, elle efface le mouvement de lecture par la traverse d'une pause de papier excédée: un geste prévoit l'issue, l' "exécution" génitale remonte les dates en sens hiérarchique - il s'agit de la terre, gradins, marches hexagonales, issues de l'angle avant toute blancheur à porter sous le nom que dénonce le chiffre Suspendu dont l'absence dans le lieu vertical désigne le sens "clôture" l'instant du corps qui "... ne tombe pas": l'horizon graduel dénonce l'italique elle a toujours froid depuis...


b/      positif, espace: donnée
la masse soutient une diagonale, se creuse dans la coupure vers le mouvement sectionné en libre cours du sujet qui s'abstrait, l'objet immédiat pénètre la lumière; l'absence de l'objet mène à son détour, la dalle notifie ses degrés au premier plan daté


l'Objet.      entre parenthèses, il exécute l'attrait à la terre Le sol se dissout, il résout l'équation de la disparité Un pas dans le froid avait-il suscité une image, telle "fragilité" alors qu'il disparaîtrait innervé de chaleur et de froid Se prend répétitif le sujet qui s'absente et devient objet: élaboré à cet "entretien de la surface", tremplin labial, il s'énonce empreint à l'extrême de la corporéité Les outils arpègent le sens de la disparition, la distance donne le lieu géographique: la pierre suggère une fiction, support attentif Le texte se lit dans la désignation de la main; balbutiements à son élaboration, une page double l'absence et la présence; alternativement le sujet et l'objet deviennent cette "épaisseur" de livre et se réduit-il au geste qui lui rend l'identité, corpus en excès sur lequel le "doigt" accentue la pliure sans cesse récidivée: labeur liquide "dans la bouche / de pleine terre"

extrait de Mezza Voce


in Cinq le Choeur (Oeuvres 1966-2012) (pp 251/257) Anne-Marie Albiach (Flammarion)

confer: Pour Anne-Marie Albiach par Jean-Marie Gleize...

an other life...


an other life, une monstration de Betty Gini  (& un clip peauétique réalisé par Christian Ugolini)

samedi 13 décembre 2014

exode(s)

cela ne finit plus... la nuit après la nuit - féconde... austère lisse scélérate encore. ne voir. à la longue. inhérence sourdre panique amène... désinvolte. ton sens sa fuite. l'inélégance fait le style... après les fins interstices...  sacrifice ou... à pâle ivoire même. exode; encor innocence. connaître le temps quelques autres. encore instant après merde à l'élan crasse. je te sais....

Feuille en rose cavalcade...

Par exemple, menteur saigne
Ta langue, et rougit comme l'eau
Cette joue voisine du feu.
Un mensonge nous colore,

Presque. Dresse tes mains au jeu
Des langue, fleur, et flamme; alors
D'une curieuse haleine en plumes,
Je rapproche ventre qui bouge.

Ma bouche au tisonnier j'allume,
N'espérons plus s'il n'est rouge.
Vexé que mon coeur déteigne,

J'efface tout et je signe
(Profitant du doigt qui saigne)
Sur un arbre des dimanches.

Sonnet du menteur in Les Barricades mystérieuses (p.65)



Chaque un renverront les eaux sans nombre,
L'eau, rejetant les allées du jour
Dont le saignant moteur en atours
L'a, grand'ouverte à cela qui sombre.


Tournant la tête un jour dédaigneux
Du peu de front d'or et dans la plage - 
Ton sombre envers, Face-à-face ô dieu,
Sa marée prend les noirs de ma page.


Calcul enraciné pour grandir
Sûr en vain des frondaisons inverses,
D'embrasser un réticent nadir
ton beau poignet retient il renverse

Au jour ce jour.
Non ! Lettre inouïe


La Minuit sans réplique a claqué
Mon front, d'hier la porte haïe.

Coucher in Rien Voilà l'Ordre (p.157)

avec Ca-Ira


Solitude éhontée répondant sans répondre
"C'est moi qui m'offre à tous pour m'y cacher des autres !
Ecorche-toi, veux-tu ? je vais être encor là.
Si tu veux m'étrangler, c'est moi qui nous sépare.


Mon tonnerre est sans bruit ! Silence en fait l'écho
Par ta voix étonnée quand rien ne lui arrive
D'un visage passable aux immobiles rives;
Où mon seul coup de foudre y fait ton coeur mordant.


Tu n'es pas plus qu'un bois si j'en suis la Druidesse,
Ou la cultivatrice à l'intime jardin
Aux regards en allées, vides vers chaque objet


Car le moindre ustensile y met un monument."
Le signe que je fais dans toutes les bouteilles
Nous ramène, humble bête en choeur des basses-cours

"Partageons... Sans rancune. A la prochaine fois !"

L'éhontée in L'Arbre à Lettres (p.203)


poëmes & photographies extraits de Oeuvres poétiques complètes  Olivier Larronde  (Le Promeneur)





Dig your own hole


Frères Chimiques - Creuse ton propre trou

vendredi 12 décembre 2014

sabordage

écarlate après l'écrou ignorance lasse à l'alphabet lente encore être là même estime savoir la trace après l'errance vertige sommes ainsi vestige voire fin quel hémisphère après l'étang et ce malaise indistinct déférent continue de sombrer par contumace délétère scansion à la morte saison encore... rouge ta pestilence soif désordre te boire encore perdre l'errance après ce frisson fragile à l'horizon encore là même ainsi voir encore  après merdre turbulence(s) ou... t'emmerde ma veine t'emmerde même frôle mort à ton épaule t'emmerde enfin lasse finir à l'heur savoir nébuleux à l'indécis encore manière même encor qui est l'élu après l'errance ?

Repose-toi dans tes blessures.



TENIR DEBOUT, dans l'ombre
du stigmate des blessures en l'air.

Tenir-debout-pour-personne-et-pour-rien.
Non-reconnu,
pour toi
seul.

Avec tout ce qui a ici de l'espace,
et même sans
parole.

(p.33)


SOIS AVEUGLE dès aujourd'hui :
l'éternité aussi est pleine d'yeux -
s'y
noie ce qui a aidé les images à passer
par-dessus le chemin où elles venaient,
s'y
éteint ce qui, toi aussi, t'emporta
du langage, d'un geste
que tu laissas advenir comme
la danse de deux mots de simple
automne, de soie et de néant.

(p.73)

NOIRS
comme la blessure de souvenir,
les yeux fouillent et te cherchent
dans le pays de couronne mordu
à blanc par dents de coeur,
qui est toujours notre lit :

c'est par ce puits creusé que tu dois venir -
tu viens.

Dans le sens
de semence
la mer t'étoile, au plus intime, à jamais.

Donner des noms a une fin,
sur toi je jette mon destin.

(p.93)


CÀ ET LÀ BOUSCULEE
la Lumière-perpétuelle, jaune limon,
derrière
des têtes de planètes.

Des regards
inventés, cicatrices
de vue,
entaillées dans le vaisseau spatial,
mendient des bouches
terrestres.

(p.121)


GRANDE VOÛTE INCANDESCENTE
avec
l'essaim d'astres noirs qui s'affouille
une voie de sortie, de départ :

au front caillou d'un bélier
je marque au feu cette image, entre
les cornes, dedans,
dans le chant des circonvolutions, enfle la
moelle des
mers de coeur figées.

Contre
quoi
ne fonce-t-il pas ?

Le monde est parti, il faut que je te porte.

(p.167)


UNE FOIS,
je l'ai entendu,
il lavait le monde,
non vu, à longueur de nuit,
vraiment.

Un et Infini,
anéantis,
disaient Je.

Lumière fut. Sauvetage.

(p.183)


in Renverse du souffle (Points/Seuil), Paul Celan , traduction Jean-Pierre Lefebvre 



mercredi 10 décembre 2014

vendredi 5 décembre 2014

stance...

ta stance abysse élan et cette trace après l'infime estime lente encor essence ignorance & sans fin la fulgurance blâme atmosphère virulence bascule tant et le litan à l'écart même hémisphère parmi les transes dépendance(s) finir à l'âme métaphore & véhémence(s) après casaque l'ignorance à la nuit en phalanstère épopée carence nocturne séculaire encor un silence et puis des flagrances en versatiles liens ou

jeudi 4 décembre 2014

ciel de sang... 3



4 décembre 2014, 19h50...

Heure érogène...

Sous le drap
Bouge
Le chaos
Dans le rire le hoquet
Freine
Trébuche et frappe encore
L'heureuse glotte acérée
La sortie
La fumée lasse L'haleine vaginale
Le dernier souffle de pure perte
Eructe
Plaqué au sol par la pesanteur
D'un seul mot
Quand
Il y a des planches vides de tout désir
Des cheveux qui poussent sur des crânes ensevelis
Des sexes armés pour combattre
L'oubli
Le cerveau dans sa cage
Se croit lion libellule
Machine
Comment peut-on dormir une heure avant la grande nuit
Dernière
L'immense nuit du cri éternel
Il faut chanter la fièvre
La masturbation
Hurler la beauté de la chair
Jouir dans la bouche de la blanche sentinelle

Lévitation sans raideur
Anguilles
Il faut rire dans le vent L'écho
Accède au palier du souvenir vécu
Il faut manger le sexe de son père

Un homme est entré dans Palmyre
Sur le dos d'une petite cuillère
Il plana longtemps
Nébuleuse primitive
En crachant de la poussière lunaire

Un homme est entré dans sa mère
Sans ciller ni rendre son affreux baiser
Il perdit la raison entre ses cuisses de métal bleu
Et la lune se leva nue sur son père

Un homme est entré dans sa tête
Par l'orbite perforée du métro
Il s'aggloméra sans peine
A cet autre corps unique
la moule Marée haute des années vécues
Au plus bas de la nuit
Le sable se ride
La glacière s'allonge
Seul reste le sanglot
Chantre

Un homme
Noeud coulant
Pomme d'Adam
Chien errant Âme slave

Un homme a planté une rave fourchue
Dans l'oeil laqué de son nombril
Au Hasard
Puis accroupi comme un poisson
Dans sa gelée heureuse
Il féconda la terre
De sa mort

Un homme déroba la langue priapique
Et la cacha derrière l'occiput
Astrologique
De la vierge aux pupilles de cire
La guerre éclata dans son corsage ouvert
L'homme courut plus vite
Qu'une me
Déserte
Vers l'étoile qui saignait au loin
Si la haine sème la maladie
L'envie le cancer
Qui surprendra la rusée mandragore
Qui arrachera la pince du homard
Mort

Il y a une théorie du désert
Une musique une mélancolie
La mort migratrice fait des vagues sur le lac hostile
Elle nivelle les années d'écaille
Sur le ventre de la vieillesse-tortue
Son miroir encombré de joncs de marais
L'écorce battue de sa peau peinte
Les îles innombrables de son pubis ensablé
Tout en elle crie
peur
solitude
mensonge
Tout frissonne et rétrécit
L'aube se lève comme une très vieille femme
Le froid mépris de tes yeux une fois la nappe ôtée
Souligne que c'est fini
La mort commune
Passe

Astres et désastres (1969) pp 475/477



Joyce Mansour par Gilles Ehrmann (1960)


Il n'est pas de bonheur plus voluptueux
Qu'en cette pénétration de soi
Par tous les orifices de l'imaginaire
De l'anus grignotant
A la petite bouche de cire
L'homme qui s'est fait femme dans le charnier de son oeuvre
Celui qui traqua son phallus dans les ruelles
Bordées d'ombre
S'est tu s'est tué une fois sa forge
Eteinte
Son sexe pincé
Son pinceau sectionné
Mineur minéralisé dans le tréfonds 
De sa mine
Mort profonde ? Non
Soleil tiré de la pierre
Falaises de marbre en chaussettes de cuir
Aujourd'hui la vieillesse
Galope sur des talons aiguilles
L'arbre de vie ganté de noir
Traîne sa queue encre de Chine
Sur le fil sans fin
De sa toile-écran
Funambule du burin
Faux cils excès de joie bas résille
Cris rauques sous le vernis
Sperme amidon fécule et albumine
Des femmes fleurs s'ouvrent dans l'oeil du printemps
Ocelles de plumes sur un pan de mur évanoui
Leur pubis un volcan
Brûlant et stérile
Leur plaie un lac pierre de lune
Un masque une chimère
Couvre le visage de nuit
La peinture sèche
Un noeud d'angoisse durcit
Un drap défait bande en spirales
Le délire de Pierre Molinier
Vit.

Sens interdits (1979) pp 548/549


in Oeuvres complètes, Prose & poësie, Joyce Mansour (Michel de Maule)




mardi 2 décembre 2014

Climax...

ne cesse de finir ce malgré le fracas arrêta pas même ces traces encore sommes indésirables après la main des algarades ça ne s'arrête pas ne cesse de finir ça ne s'arrête pas la main passe envers et contre soit tout passe encor ne cesse de finir même après l'hémisphère à rebours tel infâme soit encore parallèles nos ondes initiales ne cesse de finir encor ce fracas ne cesse de finir quand ça ne finit pas ne cesse de finir quand ça ne finit pas ne cesse encor hier et ça ne finit pas ne cesse encor hier et pour rien de finir pour rien de finir gran assault little blood  ne cesse de finir après l'étrange trace ne cesse de finir au-delà le fracas ça ne s'arrête pas à toute latitude ça ne s'arrête pas malgré ta certitude ça ne s'arrête pas ne cesse de finir halètement rien va ça ne s'arrête pas ne cesse de finir ça ne s'arrête pas même à quelque heure encor voir après l'errance au-delà cela ne finit pas ne cesse de cesser même ailleurs encor ces immanences lasses finir ou cesser après cet écran voire ne cesse de finir malgré cette ambiance ne cesse de finir & ne s'arrête pas incertaine atmosphère & nébuleux néant suivre même encor climax à l'infini inhérence encor climax... à l'ivresse climax... 

un état de tension



est-ce dérive insensée ?

: des // aux xsmts de la culture par l'intelligence :
la politique aime la politique
la poësie est politique + le documentaire est politique
l'art est amour
la politique est amour
du peuple
si le peuple aime l'image
l'image est donnée au peuple
où alors la révolte se peut-elle ?

(p.13)



(p.33)


les jours de grand vent a = d, donc anne kawala = a naked lawn

(p.52)


Un piège est fait pour immobiliser et tuer.
Une oeuvre d'art peut-elle être un piège? Faut-il que ce soit une oeuvre qualifiée de bonne: dit-on une bonne oeuvre d'art comme l'on peut dire un bon morceau de fromage ?
Le rat  a faim. Il se précipite sous le piège, ce piège qui est dit en
Faut-il juste que la faim soit présente ? Attiré, le rat se laisse écraser. Se laisse-t-il écraser ? Sent-il combien la pierre est lourde dans cette relation de la sécurité à celle du danger ? Les grincements l'alertent. Combien le bien de fromage retient-il le piège ? Combien est-il dur ou friable ou mou ou creux ce bout de fromage ? Combien peut-il l'altérer et combien peut-il se nourrir ? Le rat n'est-il pas là sculpteur ? S'il a trop faim, il se fait écraser. Si la pierre n'est pas assez lourde, le rat est immobilisé. Il est déjà mort encore vivant et déjà mort. Ce sera l'homme qui le tuera quand, au matin, il le trouvera. Car connaissez-vous un homme qui pose un piège sans chercher à tuer ? Même ceux qui traquent des images cherchent à tuer la fascination. Le piège est le pouvoir que la fascination exerce. Est-ce que parvenir à dépasser le pouvoir de la fascination permet de tuer le piège ? La fascination que peut exercer l'art est-ce piège ? L'art est-il piège ? Est-ce que tuer le piège soit tuer la fascination, la fascination du pouvoir, le pouvoir de la fascination de l'art revient à faire oeuvre d'art ? Si l'amateur se définit par son incapacité à se défaire de l'attraction de la forme qu'il crée, à laquelle il se réfère, à laquelle il ne parvient pas, l'amateurisme ne pourra-t-il jamais faire art ? Est-il justifié de parler de piège alors que l'art à priori étend une reflexion ? (Etend-on une réflexion comme l'on abaisse une pâte à tarte ? Le rat préfère-t-il le fromage ou la pâte à tarte ?) La pensée descendue par la forme roule sur le fond; or celui-ci ne permet-il pas d'affranchir, d'accéder à une pensée ? le piège alors serait-il pour celui qui ne voit pas le piège ?

(p.57)



(p.89)


; mind the gap, pense au fossé, pense à ne pas tomber, pense à bien soulever le pied, pense à ne pas pousser, pense à ne pas avoir peur, pense à ne pas avoir peur de ne pas comprendre, mind the gap, saute au-dessus de ta peur.

(p.94)



(p.95)



(p.99)


J'aime dehors. J'aime le dehors. J'aime l'extérieur. Je suis amoureuse de l'extérieur. Je suis amoureuse quand je suis à l'extérieur. Je ne peux être amoureuse que quand je suis au grand air. Je suis à côté de mes pompes quand je suis amoureuse à l'extérieur de l'extérieur. Je ne peux qu'être à côté de mes pompes quand à l'extérieur je suis amoureuse de l'extérieur. Je n'aime pas le dedans. J'aime l'apparence. J'aime contempler l'apparence d'un point de vue extérieur. J'aime sortir de moi-même pour contempler l'apparence d'un point de vue de l'intérieur. Je pompe, vaillante, alors qu'à l'extérieur, regardant l'extérieur de l'intérieur, mon propre air expiré à le goût de l'erreur, du regard mal porté, fatale l'apparence reluit, je suis prête à tomber amoureuse de l'apparence d'un autre extérieur, à l'extérieur bien sûr. Je jouis. Je repousse l'intérieur vers l'extérieur. Je repousse les limites de mon propre endoderme vers celles de la pièce.

(p.111)



(p.145)


pont spécieux si soumis aux sifflements sonores s'insérant jusqu'aux sens

(p.155)


extraits de F.aire L.a Feui||e  (le clou dans le fer) Anne Kawala




samedi 29 novembre 2014

here she comes now...


Velvet U...

providence...

avalanche encor hypnotique ivresse intense par-delà l'appel goûte lèvre(s) tu ne sais et que trop hier ainsi errance amène à ces conditions mensongères croire certes parmi catéchumènes encore lasse éloge irrévérence après l'absence au-delà du temps qui compte menace hérétique iliaque ton ombre et son envers à cette étoile interstices indécences encore secondes inhérences au fil d'une nuit lasse & barbiturique providence je te sais...

/dans l'explosion du moi/


un écran géant
sur lequel alternent 
animations et messages
a été installé au-dessus 
de la scène
animations et messages
un écran géant
UN MILLIER DE TERMINAUX D'ORDINATEURS
DESTINES A DONNER
DES ITINERAIRES DANS TOUTES LES LANGUES
ACCOMPAGNERONT LES FIDELES
DANS L'EXTASE
un écran 
sur lequel alternent
des langues 
itinéraires
les techniciens sont parés pour
"détecter
une panne et la réparer
avant même
que les utilisateurs ne s'aperçoivent de
ses effets"
les ordinateurs sont parés
les techniciens sont parés
les fidèles sont parés
pour les effets de l'extase
(pendant son voyage
extatique
un chaman emprunte un itinéraire
secret
et s'engage dans une lutte
féroce contre les esprits)
au-dessus des fidèles
un écran féroce
sur lequel alternent
esprits et effets
à la tête de cette équipe
des experts
en communication
de masse
un écran géant
au-dessus de la masse
une scène féroce
il existe maintenant
plusieurs constellations
de satellites
en orbite basse
une lutte
au-dessus
le chaman s'engage
dans une lutte féroce
contre les satellites
les techniciens sont parés
les experts sont parés
des constellations d'esprits
dans une lutte
extatique

in In situ, Patrick Bouvet, pp 106/108, l'Olivier

vendredi 28 novembre 2014

vivre.(4)

préférer sa pornographie à l'érotisme des autres.

mercredi 26 novembre 2014

les choses du réel ne me font pas peur, seulement celles qui sont au fond de moi.

fissa,

feulements par défaut feu les fers indécis fragrance éphémère exfolié l' horizon après le souffle incertain et faillible la zone aux contours fragmentaires... encor. quelle évidence perdre haleine. ne sais plus phénomène en instance. fébrile puis l'errance. être non. fomente indistinct après l'épreuve confuse. flous indéterminés élans. évocation de franges au-delà suffisances. défunts ou... encor. filaments de décor. frauduleuse inconscience. frayer offert catafalque amer. finir ainsi ou l'effroi cette fileuse amène...

lundi 24 novembre 2014

Gibraltar,

sa ligne d'horizon livide espace intime des encombres cardinal élan pulsion delà les sentinelles questions insanes après quelque atmosphère ici ailleurs éphémère l'expédition mensongère instant après cet effroi relire encore ton savoir ce mème. intense ainsi. savoir n'est rien. encor errance lasse aujourd'hui est hier menace merdre encore nos traces. voir Gibraltar.

samedi 22 novembre 2014

By Pass (L.P.)


Attise voire...


    pour n'avoir pas réussi à me plonger comme on dit dans le sommeil le somnifère et le tranquillisant n'en demeurent pas moins incrustés dans mes neurones  ils les travaillent sourdement d'où cet état à la fois visqueux et agité fébrile CENTRE DE TORTURE DE LA CIA peu propice à la lucidité requise si je n'avais pas renoncé à l'alcool il y a un mois je n'aurais certainement pas manquer d'ingurgiter deux ou trois whiskies quant à entreprendre de boire cafés sur cafés dans le but d'aiguiser ma conscience  il ne saurait en être question car si je le faisais ma nuit serait définitivement perdue et je ne veux pas qu'elle le soit sinon c'est la journée de demain qui dans son intégralité le sera


     retour sur ma journée
     rentré chez moi j'ai écouté le troisième concerto je n'ai été déçu par aucun de ces mouvements toutefois ce qui a suscité mon enthousiasme le plus vif a été le jeu incroyablement fougueux rageur de serkin dans le rondo terminal je crois que je l'ai rarement ou peut-être jamais entendu interprété ainsi mais ma mémoire auditive se perd il faudra que je réécoute d'autres versions de ce mouvement-là pour en avoir le coeur net il reste que depuis des mois j'éprouve le plus grand mal à écouter de la musique je m'installe sur le canapé PRISONS DU MONDE avec l'intention de me concentrer sur une écoute et puis non au bout de cinq minutes je me lève pour effectuer quelque rangement pour nettoyer la table que sais-je encore bien sûr je garde les oreilles ouvertes sur la musique mais tout se passe comme si j'avais la sensation de perdre mon temps en restant assis une demi-heure trois quarts d'heure ou une heure entière à écouter de la musique avec l'attention requise - DEATH ROWS

      Il suffit

 in Comme Un Fracas, Jacques-Henri Michot, p.144, Al Dante

nos biographies fantômes...

ma nuit ta haine lasse avec quelque accord indépendant ainsi ce corps inorganique par-delà l'an icône stance après les transes traces à l'errance spectre interdit carnaval for the ride ignorance embuscade encor fantômes nos biographies insanes à l'apparence feinte efface pour un temps image(s) à cet insu menace pour menace revolver ivre entrave après ces temps versatiles tellurique pensée engeance agnostique quelque seconde ainsi et puis tel hémisphère ton aversion mon endurance à l'ombre furtive cet éphémère...

mardi 18 novembre 2014

House Of Jealous Lovers...


Rapture...

passager éloge

Je préférerais pas
Boire
Hérétique
Je préférerais pas
Boire
Mouvance
Goût de lèvres au hasard

Ascendant Descente
Nuit sans pavot

Salines
Limite(s)
Après rien

Au vide
Venin de la vie
Accroire
Au vide
Encore souviens-toi
Ignore même
Cruel égard
Ta merdre ainsi
Encor
Viride hélas
Loin
Ailleurs est ici
Là ta merde 
Ainsi ton hasard
Se souvenir hier
Suspect pour un temps
à l'est pour un néant...

parmi les lames passagères
Merdre
Soit...

samedi 15 novembre 2014

Immanence merdre...

dispense solitude onde confuse après le tome aride inhumain silence destin secrète l'ombre à l'isthme sans lueur par-delà résonance rien... encor hier détresse intense peur/présence ailleurs en ce lointain merdre inhérence gouffre anonyme après les falaises quelle innocence rien existe transparence après quelque hémisphère le vent même révolte de spasmes en cratères merdre même enfin dérive épistolaire ou...

vendredi 14 novembre 2014

jeudi 13 novembre 2014

sombrer...

sombrer - coup pour rien - voire sexuel - organe en un livre - rouge-machine mort ainsi - endroit violence frappe morne encor - clavier long esseulé sincère - germe ainsi parangon esthète - division de la joie/dissolution même - point sans attendre ton errance même - transfuse champ énonce éphémère ces vies - clandestine corrompre - égarement intense - aspire encore référence - d'un énoncé l'autre bien après l'abandon - quelle référence ? cruauté dit-il ou vie... kloot même indifférence par-delà le sursis. enfonce graphie amère, luxe plaisir pornê... alternative convulsion lointaine encore - quand la ville disparaît après les somnolences - engeance post-poëtique au-delà quelque errance - signe noir répétition du nombre - divulguer les passions - du rien décimation - contra la rotation inonde - ivresse du vide - saturée d'occlusion cette valeur de fièvre - ni profondeur ni distance - après la solitude et le temps, dispersion...

samedi 8 novembre 2014

Soit...

Je ne suis sûr de rien variation manifeste après quelque ignorance...

vendredi 7 novembre 2014

Aguirre...


Aguirre, der zorn gottes, Popol Vuh, score...

vivre.(3)

ne rien attendre est attendre encor même pour si peu...

jeudi 6 novembre 2014

à l'origine...

vivre engage fuite encor après l'instinct taire non à l'enveloppe indistincte alone à l'envers brise phénomène coulpe après l'hémisphère errance encor mensonger blessure intime râle incertain ailleurs ainsi "ne souffre plus"... tome achevé hypothèse d'un livre... au-delà désespoir aride... blême encor après les hébrides... il n'y a rien... à tes yeux pâle fiction lasse... hier poësie composante même ailleurs. désintègre langue après quelque hémisphère... merdre ailleurs certes ainsi... détruire errement(s) après esquisse barbarie fiction signifie à mort au loin interstices traces d'ailleurs et quelque agitation spasmes au loin convulsions... iniques. à l'origine...

mardi 4 novembre 2014

complexion...

adoncques latence lasse monde exhorte ailleurs inonde complexion vaine inhérence incertain horizon après les stratosphères quelque seconde voir hier à l'ombre encor de zones mensongères et là ressources aux rênes lâches à la nuit absconse & lapidaire sentir l'infini à l'aune de cet éphémère merdre à sa sphère quand territoire après domaine carences longues en atmosphère puis quelque enchère sans préférence ailleurs hier et cet ensemble préexiste sustente le rouge pour au moins trois secondes encore ici ailleurs est ainsi...

vendredi 31 octobre 2014

road closed

flagrance...

hume l'abandon comme une plausible fragrance tatoue l'âme à ce corps ailleurs même en ces plaies des semonces mon argot par-delà ton caprice turbulence(s) encor ta peau frémir ainsi après les ondes ardentes & mensongères ignorer l'ignoble ou l'acquis quel hémisphère spectrale engeance en ce décor latence inaudible cette angoisse même affût perspective d'errances en conflits lame alors inédite flagrant effort après les interstices sacrifice(s) perte d'haleine et de vibrisses fors l'insolence instant critique merdre à l'épaule cette mort indécise ou presque...

samedi 25 octobre 2014

Le mental est sans paupière


  L'homme est cette nuit, ce Néant vide, qui contient tout dans sa simplicité indivise: une richesse d'un nombre infini de représentations, d'images, dont aucune ne lui vient précisément à l'esprit, ou (encore) qui ne sont pas (là) en tant que réellement présentes. C'est la nuit, l'intériorité - ou - l'intimité de la Nature, qui existe ici: - (le) Moi-personnel pur. Dans les représentations fantasmagoriques, il fait nuit tout autour: ici surgit alors brusquement une tête ensanglantée; là, une autre apparition blanche; et elles disparaissent tout aussi brusquement. C'est cette nuit qu'on aperçoit si l'on regarde un homme dans les yeux: on plonge alors ses regards en une nuit qui devient terrible; c'est la nuit du monde qui se présente  alors à nous.
  Je regarde la nuit qui fait de ma fenêtre une pupille énorme et terrible, et je jette le livre dans ce trou.
  Maintenant, je suis seul.
  Maintenant.

in le 19 octobre 1977, p.21, L'Imaginaire/Gallimard

menace...

 comme événement entaille inonde foutre mon sang allée pénombre lasse distance fébrile après les ondes renoncements esquisse errance parmi la lande exsudent cendres appel hier lésion profonde après ces stances bourrasque non en rémanence et connue cette indifférence ou bien jalonne sans succès jalonne encore merdre souvenance après la perte chistera bon encontre ainsi cet hémisphère hélas mensonge aire intense ne le sais que trop attendre encor même élan spectre blême après les temps...

vendredi 24 octobre 2014

Soit.

Après vide Néant ailleurs intrinsèque voire encore hier merdre même éloge incertain parmi les élans rances ou bien latence aussi quel hémisphère encore rôde parmi l'allée humaine mon errance et ces entrailles vaines à ta fin cesser après la peine à l'immanence lasse par-delà l'atmosphère tense  ainsi même horizon ignorance raison fugaces stances après les disparates ainsi merdre alors hier même infinie l'errance... Soit.

mardi 21 octobre 2014

Calvaire...



Calvaire à la nuit indifférente lame poursuite après l'onde élan mauvais à peine esquisse vaine alentour vague indécente au flux convulsif après les errances quelque année confuse indélébile élancement esthète ensuite lent cette atmosphère débile indélébile à l'hémisphère vagabonde aux souvenirs nébuleux et patents anamorphose ainsi et ces flagrances ivres pour rien quelque instant avant la fin qui existe à la croisée des chemins insanes pas tant qu'ailleurs même sur un fil à l'engeance contumace... merdre, certes, à la fin est-ce donc ?

Batouque



Les rizières de mégots de crachat sur l'étrange sommation
de ma simplicité se tatouent de pitons.
Les mots perforés dans ma salive ressurgissent en villes
d'écluse ouverte, plus pâles sur les faubourgs
O les villes transparents montées sur yaks
sang lent pissant aux feuilles de filigrane le dernier souvenir
le boulevard comète meurtrie brusque oiseau traversé
se frappe en plein ciel
noyé de flèches
C'est la nuit comme je l'aime très creuse et très nulle
éventail de doigts de boussole effondrés au rire blanc des sommeils.


batouque
quand le monde sera nu et roux
comme une matrice calcinée par les grands soleils de l'amour
batouque
quand le monde sera sans enquête
un coeur merveilleux où s'imprime le décor
des regards brisés en éclats
pour la première fois
quand les attirances prendront au piège les étoiles
quand l'amour et la mort seront
un même serpent corail ressoudé autour d'un bras sans joyau
sans suie
sans défense
batouque du fleuve grossi de larmes de crocodiles et de fouets à la dérive
batouque de l'arbre aux serpents des danseurs de la prairie
des roses de Pennsylvanie regardent aux yeux au nez aux oreilles
aux fenêtres de la tête sciée
du supplicié
batouque de la femme aux bras de mer aux cheveux de source sous-marine
la rigidité cadavérique transforme les corps
en larmes d'acier,
tous les phasmes feuillus font une mer de youcas bleus et de radeaux
tous les fantasmes névrotiques ont pris le mors aux dents
batouque
quand le monde sera, d'abstraction séduite,
de pousse de sel gemme
les jardins de la mer
pour la première et la dernière fois
un mât de caravelle oubliée flambe amandier du naufrage
un cocotier un baobab une feuille de papier
un rejet de pourvoi
batouque
quand le monde sera une mine à ciel découvert
quand le monde sera du haut de la passerelle
mon désir
ton désir
conjugués en un saut dans le vide respiré
à l'auvent de nos yeux déferlent
toutes les poussières de soleils peuplées de parachutes
d'incendies volontaires d'oriflammes de blé rouge
batouque des yeux pourris
batouque des yeux de mélasse
batouque de mer dolente encroûtée d'îles
le Congo est un saut de soleil levant au bout d'un fil
un seau de villes saignantes
une touffe de citronnelle dans la nuit forcée
batouque
quand le monde sera une tour de silence
où ne serons la proie et le vautour
toutes les pluies de perroquets
toutes les démissions de chinchillas
batouque de trompes cassées de paupière d'huile de pluviers virulents
batouque de la pluie tuée fendue finement d'oreilles rougies
purulence et vigilance

ayant violé jusqu'à la transparence le sexe étroit du crépuscule
le grand nègre du matin
jusqu'au fond de la mer de pierre éclatée
attente les fruits de faim des villes nouées
batouque
Oh ! sur l'intime vide
- giclant giclé -
jusqu'à la rage du site
les injonctions d'un sang sévère !

Et le navire survola le cratère aux portes même de l'heure labourée d'aigles
le navire marcha à bottes calmes d'étoiles filantes
à bottes fauves de wharfs coupés et de panoplies
et le navire lâcha une bordée de souris
de télégrammes de cauris de houris
un danseur wolof faisait des pointes et des signaux
à la pointe du mât le plus élevé
toute la nuit on le vit danser chargé d'amulettes et d'alcool
bondissant à la hauteur des étoiles grasses
une armée de corbeaux
une armée de couteaux
une armée de paraboles
et le navire cambré lâcha une armée de chevaux
A minuit la terre s'engagea dans le chenal du cratère
et le vent de diamants tendu de soutanes rouges
hors l'oubli
souffla des sabots de cheval chantant l'aventure de la mort à voix de lait
sur les jardins de l'arc-en-ciel planté de caroubiers



batouque
quand le monde sera un vivier où je pêcherai mes yeux à la ligne de tes yeux
batouque
quand le monde sera le latex au long cours des chairs de sommeil bu
batouque
batouque de houle et de hoquets
batouque de sanglots ricanés
batouque de buffles effarouchés
batouque de défis de guêpiers carminés
dans la maraude du feu et du ciel en fumée
batouque des mains
batouque des seins
batouque des sept péchés décapités
batouque du sexe au baiser d'oiseau à la fuite de poisson
batouque de princesse noire en diadème de soleil fondant
batouque de la princesse tisonnant mille gardiens inconnus
mille jardins oubliés sous le sable et l'arc-en-ciel
batouque de la princesse aux cuisses de Congo
de Bornéo
de Casamance


batouque de nuit sans noyau
de nuit sans lèvres
cravatée du jet de ma galère sans nom
de mon oiseau de boomerang
j'ai lancé mon oeil dans le roulis dans la guinée du désespoir et de la mort
tout l'étrange se fige île de Pâques, île de Pâques
tout l'étrange coupé de cavaleries de l'ombre
un ruisseau d'eau fraîche coule dans ma main sargasse de cris fondus


Et le navire dévêtu  creusa dans la cervelle des nuits têtues
mon exil-minaret-soif-des-branches
batouque
Les courants roulèrent des touffes de sabres d'argent
et de cuillers à nausée
et le vent troué des doigts du SOLEIL
tondit de feu l'aisselle des îles à cheveux d'écumes
batouque des terres enceintes
batouque de mer murée
batouque de bourgs bossus de pieds pourris de morts épelées dans le désespoir sans prix du souvenir
Basse-Pointe, Diamant, Tartane, et Caravelle
sekels d'or, rabots de flottaisons assaillis de gerbes et de nielles
cervelles tristes rampées d'orgasmes
tatous fumeux
O les kroumens amuseurs de ma barre !
le soleil a sauté des grandes poches marsupiales de la mer sans lucarne
en pleine algèbre de faux cheveux et de rails sans tramway;
batouque les rivières lézardent dans le heaume délacé des ravins
les cannes chavirent aux roulis de la terre ne crue de bosses de chamelle
les anses défoncent de lumières irresponsables les vessies sans reflux de la pierre


soleil, aux gorges !
noir hurleur, noir boucher, noir corsaire  batouque déployé d'épices et de mouches
Endormi troupeau de cavales sous la touffe de bambous
saigne, saigne troupeau de carambas.
Assassin je t'acquitte au nom du viol.
Je t'acquitte au nom du Saint-Esprit
Je t'acquitte de mes mains de salamandre.
Le jour passera comme une vague avec les villes en bandoulière
dans sa besace de coquillages gonflés de poudre
Soleil, soleil, roux serpentaire accoudé à mes transes
de marais en travail
le fleuve de couleuvres que j'appelle mes veines
Le fleuve de créneaux que j'appelle mon sang
le fleuve de sagaies que les hommes appellent mon visage
le fleuve à pied autour du monde
frappera le roc artésien d'un cent d'étoiles à mousson.

Liberté mon seul pirate, eau de l'an neuf ma seule soif
amour mon seul sampang
nous coulerons nos doigts de rire et de gourde
entre les dents glacées de la Belle-au-bois-dormant.

in Les armes miraculeuses, pp 62/68, Poësie/Gallimard



samedi 18 octobre 2014

lippe(s)

égare insane sexe ainsi masse sombre trait d'esprit fluctuations de l'aine au bassin pubis tense haïr avec bienveillance demain ou presque couché pour rien inélégance les frémissantes à fleur de derme encor cette évidence insupportable aux prémices un envers après l'élan cet univers vacille & flanche cordon(s) après l'errance sois visible à demain pour quelque instant de vide à l'échancrure vaine aucun cratère contrefait silice après efforts magma à l'hémisphère attends encor hier après demain indifférent à peine même froncement(s)...

follow the truck (tw...)

redonner un sens aux événements: puisque je ne cesse d'aller pisser, autant me remettre à boire...
encore après, la pénombre...
bon sens: toujours mauvais.
ta nuit mon élan même
gagner sa vie, merdre... il s'agit de la perdre !
miroir mensonge.
oscille tant vite...
l'année dernière si tout va bien.
adoncques la cochlée
tu te souviens de la porte entrouverte
nous étions des énergumènes...
à l'hémisphère...
follow the truck
folie, tiers-temps...
vendre son âme: plaisir d'imposteur.
la pire des publicités est dans ta tête
je m'en vais organiser le pessimisme.
écoute les phonèmes.

mardi 14 octobre 2014

pressure

dedans la télé corps désarticulés de chrome en crack pressure je sais tant je sais tant rien même par-delà l'absence vaine lasse le voir après l'hémisphère non insolence errance encor puis les nuits en trois parties ta chaîne tense amertume exogène après ces bans énergumènes ce flux de basses continues à flot pour un temps long bientôt crevé la peine pleine était avant la peine pleine était avant ils le savaient l'ignorent encor et c'est ainsi inélégance après les stances balivernes nous sommes aujourd'hui sommes alors à l'impossible point tenus mais presque ici telle limite & telles luttes audiovisuels élans parmi les spasmes pressure après l'écran télé ainsi dedans des corps...

jeudi 9 octobre 2014

vivre.(2)

le beau ratage est toujours préférable à la laide réussite.

lundi 6 octobre 2014

que trop...

...n'être rien intense encore je te sais voir hier pour si peu même après ton éclair mon errance puis ces heures dernières au-delà innocence pour rien certes élancements après hier fulminent chocs à la nuit intensité la chair au loin le monde sais-tu héroïne démence alerte même en la pénombre indolence nuits irrévérentes ailleurs même merdre comprendre l'inélégance ne mène à rien peut-être par-delà même encor quelque instant avant nos nuits éphémères liens après les ombres qui sait l'incertain quoique tragique encore même sombre cette diligence pour ces heures amènes quand d'interdites zones par quelque énergumène sont à la fin serviles ne le savoir que trop ne le savoir que trop blême l'indépendance et puis la nuit des nuits quand omis ce sursis pour rien blême déhiscence parmi l'écran transi réminiscences insanes après les herbes folles n'être rien intense...

samedi 4 octobre 2014

referenz...








Susanne Junker, Referenz, 2006

Attention...

Les têtes se tournent se détournent se retournent
au bruit du frein
Telle est la réalité
Telle est sa seule propriété.
Ida propriétaire de songe catapultée
partie en l'air
cette ébauche de forme humaine dans le scintillement des lumières
c'est Ida: la morte
Non-propriétaire.
Elle se réjouissait tant de son balcon
Elle s'en faisait un plaisir à l'avance.
Vol plané
Huit à neuf mètres plus loin
Et tout retombe dans le silence
Dans l'ombre.
Y avait-il eu quelque chose ?
Ils l'ont mise à la fosse commune
De la morgue à la fosse commune
Dernière et lente promenade de la Chose-Ida
Anciennement personne
En tout cas solitaire
D'une grande d'une immense solitude. D'une solitude sans fond.
Ils l'ont mise à la fosse commune - voix dédaigneuse.
Ida coupable de pauvreté.
De n'être pas propriétaire.
Coupable aussi d'avoir refusé le Rêve-propriété.
Elle ne voulait pas rêver.
"C'est une rêveuse, elle vit en rêvant."
Allons donc. Bien au contraire.
Ses pieds. Ses fameux pieds
S'arrêtent net
Sous la grande porte cochère. La voûte d'entrée au 
Délire
Brutalement
A crier
A s'empoigner
La réalité atroce s'impose à la clairvoyance.
Impossible
Elle ne peut passer d'un monde à l'autre.
De la non-possession à la possession.
Il y a une impossibilité totale qui la submerge en flot de désespoir froid - qui la glace.
Elle prenait des pilules pour dormir. Elle se droguait. Mon dieu. Ele en est à ce point. A force de vouloir dormir.
Ne plus pouvoir. Bien réveillée. Trop réveillée.
Les yeux brillants de la fièvre intérieure
pour percer l'obscurité de la chambre
genre hôtel de dernier ordre.
- Je m'en fous. Pense-t-elle.
(Du balcon ?)
Elle ne l'aurait pas dit ainsi. Mais elle le pense.
Puisqu'elle a la fièvre.
- Elle se levait avec la fièvre. Elle prenait des comprimés tous les matins. pour la fièvre.
Elle commençait le travail avec la fièvre.




On voit les gens aller venir. Puis on découvre qu'ils sont des malades bons pour les cliniques. Ils travaillent ils mangent ils parlent. Puis on découvre qu'ils sont des pourvoyeurs d'hôpitaux. Avec des somnifères la nuit. Comprimés anti-fièvre le jour.
Avec eczéma.
Elle avait une pommade et enveloppait ses bras et ses mains chaque soir.
On les voit aller-venir. Puis on apprend qu'ils tiennent (debout) à coups de bandelettes de bandages de pansements de produits pharmaceutiques
Des représentants en pharmacie.
Sans sommeil. Avec fièvre. Avec eczéma. Avec calmants. Contagieux. Avec soins. Avec vaseline. Avec tubes et petits pots.
Des laboratoires ambulants.
Des sujets d'expérience en promenade dans les rues de la ville.
Ida vivait. Comme eux. Comme des centaines de milliers. Maintenant elle ne vit plus.
Cet hôpital ambulant. Ce laboratoire ambulant.
C'est Ida.
Cet hosto camouflé
Avec manteau remarqué.


Ils ont tout mis sur le balcon. Le balcon de rêve. Le balcon panoramique. Sud imprenable. Soleil à volonté. Avec store chatoyant. Fleurs ouvertes dans la verdure. Chaleurs larges. tables ombragées. Ouvragées. De fer forgé.
C'est là que gisent en morceaux les angoisses de Ida.
Ces chiffons empilés dans les sacs de plastique
Plus tristes encore que le cadavre
Les paires de chaussures à la débandade
Les restes de
Ida       Morte



in Ida ou le délire, pp 75/78, Hélène Bessette, Laureli/Léo Scheer