... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

samedi 30 novembre 2013

jeudi 28 novembre 2013

élastique...

Avoir un avis sur tout avoir un avis sur tout avoir un avis sur tout avoir un avis sur tout manger des pommes frites manger des pommes frites manger des pommes frites (être radical) manger son avis sur tout manger son avis sur tout être serein une fois par an s'inquiéter de la veille manquer de sommeil être serein une fois par an manger par habitude lire le journal écouter le journal regarder le journal lire le journal écouter le journal regarder le journal sveltesse intense parmi tant d'errance lasse ces frites sont pommes pour rien lire écouter regarder ce journal soit encore vivant le lendemain... l'incertain horizon , blême à perdre haleine, par-delà  l'élégance... Rare à perdre haleine cette faiblesse crasse... une fois par an, ou moins... élastique, ce temps...

Poësie Convulsion...

  Le problème du langage est au centre de toutes les luttes pour l'abolition ou le maintien de l'aliénation présente; inséparable de l'ensemble du domaine de ces luttes. Nous vivons dans le langage comme dans l'air vicié. Contrairement à ce qu'estiment les gens d'esprit, les mots ne jouent pas. Ils ne font pas l'amour, comme le croyait Breton, sauf en rêve. Les mots travaillent, pour le compte de l'organisation dominante de la vie. Et cependant, ils ne sont pas robotisés; pour le malheur des théoriciens de l'information, les mots ne sont pas eux-mêmes "informationnistes"; des forces se manifestent en eux, qui peuvent déjouer les calculs. Les mots coexistent avec le pouvoir dans un rapport analogue à celui que les prolétaires (au sens classique aussi bien qu'au sens moderne de ce terme) peuvent entretenir avec le pouvoir. Employés presque tout le temps, utilisés à plein temps, à plein sens et à plein non-sens, ils restent par quelque côté radicalement étrangers.

  Le pouvoir donne seulement la fausse carte d'identité des mots; il leur impose un laisser-passer, détermine leur place dans la production (où certains font visiblement des heures supplémentaires); leur délivre en quelque sorte leur bulletin de paye. Reconnaissons le sérieux du Humpty-Dumpty de Lewis Carroll qui estime que toute question, pour décider de l'emploi des mots, c'est "de savoir qui sera le maître, un point c'est tout." Et lui, patron social  en la matière, affirme qu'il paie double ceux qu'il emploie beaucoup. Comprenons aussi le phénomène d'insoumission des mots, leur fuite, leur résistance ouverte, qui se manifeste dans toute l'écriture moderne (depuis Baudelaire jusqu'aux dadaïstes et à Joyce), comme le symptôme de la crise révolutionnaire d'ensemble dans la société.
  Sous le contrôle du pouvoir, le langage désigne toujours autre chose que le vécu authentique. C'est précisément là que réside la possibilité d'une contestation complète. La confusion est devenue telle, dans l'organisation du langage, que la communication imposée par le pouvoir se dévoile comme une imposture et une duperie. C'est en vain qu'un embryon de pouvoir cybernéticien s'efforce de placer le langage sous la dépendance des machines qu'il contrôle, de telle sorte que l'information soit désormais la seule communication possible. Même sur ce terrain, des résistances se manifestent, et l'on est en droit de considérer la musique électronique comme un essai, évidemment ambigu et limité, de renverser le rapport de domination des machines à profit du langage. Mais l'opposition est bien plus générale, bien plus radicale. Elle dénonce toute "communication" unilatérale, dans l'art ancien comme dans l'informationnisme moderne. Elle appelle à une communication qui ruine tout pouvoir séparé. Là où il y a communication, il n'y a pas d'€tat.

  Le pouvoir vit de recel. Il ne crée rien, il récupère. S'il créait le sens des mots, il n'y aurait pas de poësie, mais uniquement de "l'information" utile. On ne pourrait jamais s'opposer dans le langage, et tout refus lui serait extérieur, serait purement lettriste. Or, qu'est-ce que la poësie, sinon le moment révolutionnaire du langage, non séparable en tant que tel des moments révolutionnaires de l'histoire, et de l'histoire de la vie personnelle ?

  (...)




Guy Debord, extrait de All The King's Men, paru dans l'I.S. n°8, Janvier 1963.  in Oeuvres (Quarto/Gallimard) pp 613/615

mardi 26 novembre 2013

Loulou...

   Tout comédien nourrit une animosité naturelle envers les autres comédiens, présents ou absents, morts ou vivants. A Hollywood, la plupart des metteurs en scène ne l'admettaient pas; ils ne comprenaient pas davantage pourquoi le comédien était tenté de réprimer un profond attachement au directeur du plateau qu'ils estimaient essentiel vu la prépondérance de leur situation. Quand je suis allée tourner La Boîte de Pandore à Berlin, quelle exquise délivrance ce fut pour moi, quelle révélation sur l'art de diriger que la perspicacité de Pabst en action. Il encourageait réellement cette disposition des comédiens à se détester et à s'éviter mutuellement, préservant de la sorte leur énergie pour la caméra; et lorsqu'ils ne tournaient pas, sa vanité ne les contraignait pas à se redresser et à aboyer à son passage. Le comportement de Fritz Kortner reflétait parfaitement la façon dont Pabst manipulait les vrais sentiments d'un acteur afin d'ajouter du souffle et de la puissance à son jeu. Kortner me haïssait. Après chacune de nos scènes il bondissait hors du plateau et se retirait dans sa loge. Arborant son sourire le plus suave, Pabst lui-même allait l'y cajoler pour le ramener sur scène à la séquence suivante. Dans le rôle du Dr Schön, Kortner éprouvait pour moi ( ou pour mon personnage) des sentiments mêlant une passion sexuelle au désir, tout aussi impérieux, de me détruire. Une scène lui offrit l'occasion de me malmener avec tant de vigueur  que j'eus les bras truffés d'une dizaine de bleus. Pabst et lui furent enchantés de ce réalisme parce que les sentiments de Pabst, comme ceux de Kortner, ressemblaient assez à ceux de Schön pour Loulou.
    Je crois que dans les deux films qu'il m'a fait tourner - La Boîte de Pandore et Le Journal d'une fille perdue - Pabst se livrait à une enquête sur ses propres rapports avec les femmes, le but étant de juguler toute passion susceptible d'empiéter sur celle qu'il éprouverait pour son travail. Le sexe ne le troublait guère: il le rejetait comme un mythe débilitant. En revanche, la haine charnelle embrassait tout son être de sa réalité.





in Loulou à Hollywood (Taillandier/collection Texto) pp 144/145, Louise Brooks, traduction René Brest

lundi 25 novembre 2013

l'oeil cacodylate (1921)


véhémence même...

ta certitude mon anamorphose rien qui va tout s'étend polyloguer la merde et cet informe instant uniforme qui ne signifie rien. ton errance mon rang ainsi indistincts amère l'innocence lasse. ne rien savoir par-delà la lumière suspecte. je ne crois pas. ton oeil mon élégance rare... rien hier longue latte mensongère même pas. encore quelque peine à l'indifférence passagère de chemins sans fin hier ou ici...ta hampe lente plonge après les caractères. ambiguë ta fuite par-delà l'hémisphère. ton ignorance après  cette atmosphère, fragile exsangue & lente encor, rien même est un art. voir ailleurs révérence blême... singulier est l'état.

dada soulève tout (1921)


jeudi 21 novembre 2013

the year punk broke


landes de gascogne, 1977, deux mutins...

mercredi 20 novembre 2013

j'ai crevé toutes mes peurs...


    C'était avec une joie non dissimulée que je mettais à nu l'obscénité de mes chairs intérieures. Je creusais ma peau, je cherchais l'énigme, la connaissance mouvante, le monstre suspect, l'intime débauché, dessous mes bubons perforés, cette force vive comme un ventre à ouvrir. Découvrir les chairs oui, cet indicible qu'on ne voit jamais, la face cachée sombre et noire. L'horreur de ce bouillonnement désordonné, je la voulais, c'est elle que je ne cessais de traquer. Je me retroussais comme un gant, myologie grandeur nature que j'inventais en me dilapidant. Je me scalpais moi-même, devenant ainsi inutilisable, mauvaise machine, en dehors de la grande industrie... Et les scarifications béantes que je laissais traîner sur mes tissus étaient comme autant de preuves de mon étrangeté et de ma différence. Car je me condamnais volontairement à refuser cette bonne santé épargnante, indispensable pour la vie professionnelle, nécessaire à la mascarade grotesque de la comédie sociale. En bonne santé, les autres l'étaient plus par terreur que par choix. Je retenais mon mal comme une définition. Aucun devoir pour moi de rendre compte, mon visage affichait de lui-même mon refus, c'était bon. Ils me nommaient coupable et diabolique, de me laisser ainsi envahir par mon pityriasis. Je me savais lucide, en partance vers une pure intériorité, proche de l'indifférence, vers une toxicité insoutenable. Je n'avais plus de quoi échanger avec l'extérieur, j'inquiétais encore, mon corps n'affichait aucune résistance, non, je ne retenais rien de ce qui s'emballait, je laissais mille chevaux galoper sous ma couenne, la bride lâchée... le gaspillage en plein sur mon étoffe, au milieu de mes plaies... 

    in La Démangeaison , Lorette Nobécourt , Sortilèges , pp 95/97

dimanche 17 novembre 2013

ortie ortie...


in plurals


in fétiches


in rose


in nur x brmc x ihawp


un léger aperçu du stimulant travail d'Ortie, à découvrir plus avant, par ici: http://www.ortie.name/

et via instagram voire...





origines des détournements

à trop attendre la fin, elle surgit là, au bout de mes doigts...
atropine
benzodiazépine
l'errance & la place
intestines
on t'a vu on t'a vu on t'a vu
on te sait...
la merde est-elle ?
hélas.
construire l'hacienda.
rien n'est vrai que ce mouvement, tumulte disparate...
instant glabre
caprices
l'innocence & la mer
espace(s)
absence(s)
absconse délivrance...
paysages intérieurs.
incertaine lenteur.
le frais est un moment du froid.






mardi 12 novembre 2013

... ainsi

moi non soleil las sporadicité échange refus de langue immobile après l'état le nihilisme et cette autre chanson l'air est à la raison ignare silence leurre à la nuit désordre ostentatoire ou longue vie dont les traces s'effacent quand quelque pâleur nuit... glissements lueurs lentes entailles. entrailles mêmes inénarrables... chaleur intestine regards rien ne vient par delà ces lueurs mesquines... point d'outrage après l'inconstance. encore éther fragment, pour rien ou pour Sombre Est La Nuit. encor horde d'errance ce n'est pas moi qui gronde réalité impossible cet exil d'ombre ailleurs... innocences muées en expériences, chants... ainsi.

i fall my way


Les Thugs, Desert Days, 1993

il en irait de la ville comme de la page...

...quand Queneau & Vian se peinturlurent le visage au henné...



XXXV

Dans la ville déserte
Il y eut d'abord des pas qui se rapprochèrent
puis des voix
enfin des hommes
Deux hommes.


- Non, je ne pense qu'à aucun moment je n'ai agi pour cette raison-là.
- Je vous crois. Puisque j'ai écrit une partie de vous, il faut nécéssairement que je croie à l'autre, vous ne croyez pas ?
- Je vous crois sans rien écrire !


- Albert, vous m'avez échappé. Ah, si seulement j'avais su...
- Si vous aviez su, nous ne serions pas là aujourd'hui. Et puis le petit frère était là bien avant que vous ne pensiez à moi.


- Oui, mais je ne peux m'empêcher de penser que...
- Que vous auriez pu éviter ces corps là-bas ?
- Sans doute, oui. Sans doute. Mais peut-être pas, ou plutôt c'est sans doute une bonne chose qu'ils soient là. Savez-vous qui ils sont ?
- Je n'en ai aucune idée.
- Moi, je crois avoir trouvé.


Dans la ville déserte
il y eut d'abord les hommes qui s'éloignèrent
puis leurs voix
enfin leurs pas
Pas à pas.


Savon Pensif, pp 118/119, Fiction & Cie, Le Seuil, Aude Bellin Du Coteau

jeudi 7 novembre 2013

mercredi 6 novembre 2013

dimanche 3 novembre 2013

charivari

par-delà signe épars
inhérence esprit lent

essaim rance
horde lasse

ta tentation mon ignorance
abstraction d'innocence
inintelligible errance
corps inanimés
rien que mort & silence
poids tombé de l'existence
revue d'avant
après la nuit...
inénarrable cacophonie
à l'origine habile
balade abîme
tumulte & tintamarre...

néant indu
& zone d'ombre(s)

ce charivari
mon inconstance...