... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

mercredi 27 février 2013

insanes salves...

rêves furieux/paupière lasse/lèvre insincère/visions glabres/éloge sourd/partition trouble/errance versatile...

espace amer ou lignes sombres... une haine ce vent.

parmi tant d'autres, illusions de merde.

ton fil à ma nuit errements.

et cet écran, havre de peine las...

mon sang ton fer, hier encore...

mardi 26 février 2013

jamais d'autre que toi...

quand alain bashung coudoie robert desnos...



Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit
Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit
Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d'orties je marcherai vers l'écume
Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité
Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
Jamais d'autre que toi
L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin, tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement
Déplace sa ligne mince sur un trottoir chaud
Nous passerons d'autres lignes
Jamais jamais d'autre que toi
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d'autre que toi.

in corps et biens (poësie/gallimard) pp160/161

lundi 25 février 2013

angoisse...



Cherchant son chemin sur un atlas routier, une amie remarque un village nommé Angoisse. L'atlas refermé, elle ne parvient pas à le retrouver.Un mois plus tard, je me rends dans un bureau de poste. Je retrouve Angoisse. Je m'y rends. J'y passe trois jours. Je photographie les lieux : l'entrée d'Angoisse, l'école d'Angoisse, les maisons d'Angoisse. Le terrain de sports d'Angoisse, la base de loisirs d'Angoisse, la discothèque d'Angoisse...Rien d'extraordinaire si ce n'est le nom. Ce village français est moyen : un archétype sans qualités comme en traversent souvent les routes départementales.Pourtant, à regarder de plus près ces rues vides, ces maisons aux façades muettes, ces abords neutres, il suffit de prononcer "Angoisse" pour que les choses se parent d'une inquiétante étrangeté.
Le village entier obéirait-il à son nom comme une injonction ?

vendredi 22 février 2013

de fuite...

édifiant oedème/cortex préfrontal/la nuit viendra et elle aura ton cul/l'extase - interstices longs, lézardes délébiles lasses - ivresse intime/la fange, encore la fange/torture intense.../convulsive échéance/d'indécence suspecte en larmes incertaines, un bloc de nuit noire/je te hais/en des nuits de sang l'errance mentale/ singulier ton stigmate et sa trace livide.../hier encor un spasme interdit/désordres itératifs/par-delà nos salves d'ombre/morsure du vide, ou bien/quelques lignes mensongères - de fuite...

jeudi 21 février 2013

i should've known - 1967 - soft machine

kevin ayers est retourné au néant... réécoutons soft machine (ayers/ratledge/wyatt), à cette occasion lasse...




équivoque, ainsi...

pas la peine de susurrer / inanimation prégnante / au centre rien ne sort.
escompte rien pas même toi
c'est toujours hier quelque part, carmin voire...
se regarder ne point se voir
qu'il est terne l'éclat bel
après minuit l'errance est axe
lâche
ni ne rentre / exp(l)ose intense / à l'arrière-cour.
encor quelque borne crasse
et cette antienne...


il s'agit d'exécrer l'évidence.





... de muraille aveugle

XVII. Attraper le mot.

La silhouette ovale de l'écrivain paraît couchée, parmi des étrangers vifs indifférents, dans un linceul de glace. Blafarde hauteur, ou austère réserve, de l'incopiable saisi dans une glace d'approbation ? Le copiable est ovale. Sa serviette définitive, la glace, est le produit de sa belle machine marquante: il a produit des copies, et des rêveries de muraille aveugle. A l'huis du coeur d'un lecteur émotif, frappe le mot qu'il faut attraper. C'est un mot comme "préférer", ou "refuser de trancher", ou, en plus misérable, "je veux dire". Quand ce mot a frappé, ne plus faire d'écritures. (Cela, longtemps après l'interdiction de rien faire.)

extrait de Chambre à roman fusible




43. Aventures.


"Quelle aventure" un livre ?
Non pas une aventure
avec des histoires complètes
à côté, ou le refus
des moyens,
de l'endroit où sont
les moyens, les en principe
du milieu outils. Qui ont du coeur.
Or, ce sont des bons, à côté de la pompe,
et de la très développée
série à continuer
de mots diversement fusibles. Puis des uniques.


(Réponses à des réservoirs définitifs.)


Il y avait une fois une histoire
d'épée au sol et d'aporie intéressante.
(Si j'entends "l'épée, la soie", sommeil.
Ou assommoir.)

extrait de Rude merveilleux


in  Poësies premières  1997-2000 (flammarion)


glazed-eye

samedi 16 février 2013

anima mundi...

à partir d'une fente
naturelle à la roche ma vulve très nettement au centre
de mon corps écrit à l'oxyde de manganèse      ainsi me voient-ils aussi
omphalos de leurs terres fertiles consommateurs de déesses
ils lèchent cette lézarde depuis des temps
immémoriaux y introduisent leur langue
même ils se fendent d'un lièvre - en dépôt à mes pieds - plus rarement d'un python
ils usent leur salive à me parler d'eux     seul le soleil en alternance
avec le gel pénètre jusqu'à mon coeur



environs du bouc  (p.65) éditions comp'act

la nuit...

la nuit non la nuit non la nuit non la nuit l'ailleurs existe instinctuel en la pénombre hier une inélégance lasse la nuit ce schème intense hélas est vain la nuit rien va la nuit rien va et même là la nuit encore admirable et ses comètes superfétatoires ou bien... la nuit l'attente songe, pareille à l'aliénation, ou à l'accélération du monde palpable, voire... la nuit non la nuit non la nuit non nocturnes ces attaques fissiles, à lire ou à réinventer, instables, nos instants vivaces... la nuit hier, et demain captieux, cet édifice crasse.

mercredi 13 février 2013

feindre

itère l'histoire

du moment jusqu'à l'infini

VOIRE...

mouvement dérisoire

destin l'incertitude

ouais

$$$$$$$$$$$$ and again and again

nos nuits hématomes

fulgurances, & pénombres

le flux n'est rien, avant-hier ou demain

et rien va, non

il s'agit d'attendre sans en avoir l'air

feindre

tel est l'élan

voire une menace

ou merdr

inélégance passagère

RIEN n'existe

ici

que ces douves

l'absolu est ailleurs

par-delà ces salves lasses

hier incertaine

ton oriflamme.

lundi 11 février 2013

jeudi 7 février 2013

singulier

de rien j'implose ta vague hypnose innocente il pleut goutte insolente hier (il y a un peu profond moi calomnié ?) figures imposées têtes lasses nos échéances surmontables s'évaporent à la brume matinale  molécules instables parmi d'autres sécables... (j'ai dénégocié.) l'hypothèse faste: nos hématomes et nos rancoeurs s'égarent ici ailleurs, même. je te vois. engeance liminaire cerclée d'un rouge indéfini... ta vie: un fil inélégant par delà quelque ailleurs, singulier.

lundi 4 février 2013

Stranger in a strange land




 Une lecture, dans le texte, de quelque extrait du roman-culte de Robert Heinlein, Stranger in a strange land (En terre étrangère, en sa traduction française due à Frank Straschitz - Presses pocket) par l'admirable Liandra Dahl.

Gnoquez-donc, camarades !