... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

dimanche 31 octobre 2010

in vino, veritas ?

L’alcool à la coule

Laurent Lèguevaque: ancien juge, écrivain et scénariste, il revendique un alcoolisme libérateur, créatif et éducatif.

Il ne faut craindre ni dieu ni diable, pour intituler un spirituel libelle : Lettre à mon fils lui expliquant les excellentes raisons qu’il aura de boire. Leveur de coude, Laurent Lèguevaque ne se cache pas derrière son petit doigt, qu’à l’inverse des sirupeuses tombées dans la théière de leurs bonnes manières, il garde replié. Passé 10 heures du matin, ce Rabelais assumé verse dans l’alcool et s’en trouve bien. Il répète souvent: «Boire me réussit.» Juge d’instruction défroqué, il enseigne désormais le droit à l’université et surtout il enchaîne romans, essais et scénarios. Il y injecte un gai savoir, une verve allègre, et des convictions libertaires qui, parfois, mettent leurs plus belles robes pour aller au bal des idées se dévoyer avec les anars de droite.

Laurent Lèguevaque a deux fils adolescents. Et c’est à l’aîné, 16 ans, qu’il destine cette leçon de vie qui est aussi un portrait de l’artiste en pilleur de comptoirs et en pilier des ouvroirs de littérature. Il justifie ainsi cette adresse transgressive, perturbant une époque où les papas se font plus de tracas que d’œufs au plat : «Pour moi, éduquer, c’est apprendre la liberté. Apprendre aux enfants à décider de leurs actes. Et donc de leurs ivresses.» Lèguevaque a la paternité réflexive et ludique. Distanciée, aussi. Il s’amuse de voir comment les rituels apéritifs unissent adultes soiffards et enfants picoreurs dans une même humeur sautillante et immature. Il raconte aussi comment il se garde bien d’accourir à la moindre sollicitation. Adepte de la responsabilisation, il dit : «Je ne suis pas un papa-hélicoptère, qui volerait au secours de ses enfants à la première sonnerie de portable. Je leur réponds : "J’entends bien que tu as un problème, mais en quoi est-ce le mien ?"» Ce qui ne l’empêche pas d’avouer : «L’affection est le meilleur outil éducatif» et «la paternité est sans doute mon vrai métier». Ou d’apprécier la façon qu’ont «les garçons de témoigner leur affection sans ostentation» à l’occasion du don d’un DVD tout à fait adéquat, mais justifié a minima d’un : «Je te l’ai pris parce que c’était en promo à 3,5 euros.»

Le jeune destinataire a refusé de lire l’adresse avant impression. Argument : «Pour une fois que c’est à moi qu’on écrit, je veux avoir entre les mains le produit fini.» Livre livré, le verdict est tombé, abrupt et concis : «C’est très convaincant.» Vite assorti-amorti d’un bémol : «Je ne veux pas arbitrer entre toi et les hygiénistes, quant à ton cas…» Preuve du discernement de la génération montante, pas dupe du plaidoyer pro domo ni des combats idéaux. Et Lèguevaque de fissurer son prosélytisme de façade d’un : «Cela ne me déplairait pas que, par esprit de contradiction, mon fils soit sobre.» Sans oublier de solliciter la mansuétude future via Villon et son incipit pendable : «Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les cœurs contre nous endurcis». Devant un 50 centilitres de chardonnay qu’il descend posément en ignorant son assiette de pâtes au saumon, trop attentif à faire rutiler son art de conteur qui ne se lasse pas de se laisser conter, Lèguevaque joue autant du nuancier des paradoxes, à l’oral, qu’il use des moulinets de rhéteur, à l’écrit.

Heureux époux de la mère de ses fils, ce bretteur des mots affirme que «les buveurs constituent l’infatigable armée des militants du droit de s’en foutre. Au nom de quoi, ils tolèrent le mariage et ses immenses inconvénients». En tête à tête, il déverrouille des instants-clés. A de bons amis se désolant que «dis donc, Laurent, qu’est-ce qu’il boit sec ces temps-ci», sa compagne orthophoniste, refusant de le réduire à sa pathologie, répond : «Oui, il boit, mais il ne fait pas que ça.» Ou, alors qu’il est tôt le matin, qu’il se sert un whisky de fin de nuit, alors qu’une longue route les attend vers les Cévennes protestantes, elle se contente de constater, sans agressivité particulière : «Ah, ça veut donc dire que c’est moi qui conduit ?»

Lèguevaque est d’une bonne famille toulousaine. Le père est un chirurgien à l’ancienne, paillard et flambard, dégringolant sa bouteille avant de plonger dans la tripaille humaine et capable de lancer en pleine salle d’attente : «Comment vont les couilles de monsieur Michu ?» Lequel monsieur Michu se réjouissait à l’encan de cette sollicitude d’un :«Vous voyez comme il est gentil avec moi, le docteur ?» Sa mère est psychiatre. Elle a même dirigé des «cures de désintox». Pourtant, se réjouit celui qui faisait divan avec son psy au resto, le vendredi, pour une pochetronnerie : «Elle s’est toujours refusée à psychiatriser ses enfants. Même si nos névroses l’intéressent.» Assez nostalgique du temps où le «même pas mal» l’emportait sur le «allô maman bobo», ce s’en-fout-la-mort se souvient de l’époque «où on n’allait consulter que si on souffrait vraiment et où le médecin essayait de se débarrasser de vous, avant même de vous avoir ausculté».

Laurent a un frère obstétricien et une sœur ingénieur agronome. Années 80, il ne se voit pas carabin, il fait son droit. Le voilà magistrat à l’heure où les «petits juges» entrent en gloire dans l’imaginaire social, au risque que la vertu à la Saint-Just tombe en couperet. Lèguevaque a encore des rêves de pureté, il sera juge d’instruction, ou rien. Il se découvre appartenir à la race des chiens truffiers. Il aime suivre des pistes, recouper les informations, traîner dans les derniers endroits où l’on cause et où les écluses lâchent leurs flots, leurs flous, leurs fous. Honnête, il admet que la recherche de la vérité se double souvent d’un plaisir voyeuriste peu ragoûtant. Comme le Mitterrand finissant, il se complaît dans le dépouillement des écoutes téléphoniques. Et jubile secrètement à l’idée de lancer à une plaignante : «Alors, racontez-moi ce viol.»

Petit à petit, il commence à fatiguer de «la fréquentation de la misère humaine». Il finit par se défier de cette justice qui «protège les riches et s’acharne sur les pauvres». Et, atypisme de comportement aidant, il reste en marge d’un milieu qu’il décrit comme «docile envers les forts et sévère à l’égard des faibles». Enfournant dans la gibecière de sa mémoire créative les faits divers approchés, il démissionne juste avant de pouvoir faire valoir ses droits à une préretraite, passant de 4 500 euros garantis à une moyenne valseuse de 3 500, selon tirages d’édition et entrées de cinéma. De cette rupture, il écrit : «L’alcoolisme m’a permis de supporter l’exercice d’une infâme profession, celle de juge d’instruction ou bourreau des temps présents. Il m’a fourni le prétexte pour la quitter. Puis m’a autorisé à m’en moquer.» Beau parleur, joyeux causeur, il continuerait bien l’après-midi entière, à tenir le crachoir, à vider le cruchon. Mais, il faut y aller ! Une dernière recommandation pour la route d’un drôle de citoyen qui n’a plus voté depuis le référendum sur la Nouvelle-Calédonie ? «L’alcool est une aliénation qui peut t’en éviter bien d’autres.»

par Luc Le Vaillant, in Libération, 5 août 2010.

éclair #13

cette véhémence, un effondrement...

samedi 30 octobre 2010

point mort

thaumaturge
il n'existe pas
sa technique
désuète
n'est qu'un décor
désastre
perpétuelle l'intervalle
suffoque
son cylindre de cuivre
une blague vaste
l'espoir
en la consommation
la foi
en la consomption
tout y passe
fleuron
montage parallèle
sous un plomb de soleil
exsangue
le spectacle
et son artiste exhorté
à rien ou bien pire
observateur errant
de trouble avide
en la lande fictive
silhouettes grotesques
afflictions fièvre
en exil
des carcasses de temps
regarde
regarde
regarde...

vendredi 29 octobre 2010

welcome to the club

trauma

ta médecine est mon dilemme
balafre écorche injure
séparé d'un lambeau
l'écorce amère
un peu plus je dévisage un peu plus je dévisage un peu plus je dévisage
le pan d'en face
s'épuise
ailleurs nuit la ville
épidermique
par ici l'offense confuse
assaut griffe heurt
assaut griffe heurt
en l'atmosphère mécanique immaculée hostile
de cet espace clos.

jeudi 28 octobre 2010

lèche le chemin qui monte vers la voix



Personne ne peut échapper au sort
Personne ne peut échapper à DADA

____________________________

Il n'y a que DADA qui puisse vous faire échapper au sort.

______________

_________________________________
Vous me devez:FR 943.50
Plus d'ivrognes!
Plus d'aéroplanes!
Plus de vigueur!
Plus de voies urinaires!
Plus d'énigmes!

syllogisme colonial, in sept manifestes dada




frileux avenir - lent à venir
un écumant sursaut m'a mis sur ta trace de regard
là-haut où tout n'est que pierre et nappe de temps
voisin des crêtes argileuses où les jamais s'enflent sous robe d'allusion
je chante l'incalculable aumône d'amertume
qu'un ciel de pierre nous jette - nourriture de honte et de râle -
en nous rit l'âbime
que nulle mesure n'entame
que nulle voix ne s'aventure à éclairer
insaisissable se tend son réseau de risque et d'orgueil
là où l'on ne peut plus
où se perd le règne le silence plat pulsation de la nuit
ainsi se rangent les jours au nombre des désinvoltures
et les sommeils qui vivent aux crochets du jour sous leur joug
jour après jour se rongent la et dansent autour
et là-haut là-haut tout n'est que pierre et danse autour

in l'Homme approximatif

lundi 25 octobre 2010

ex-tase

stase
on dirait encor
deux ou trois phonèmes
pour quelques secondes
ouïr amer
l'instant
quand c'est le mouvement
qu'on guette
déjeté
le regard
oblique
opaque
se perd
dans la clameur confuse
d'un moment interdit
flotte la braise ou bien

dimanche 24 octobre 2010

turge-sens

demain

je ne sais pas bien pourquoi je ne réponds pas à l’injonction priez l’imploration est lente et le monde précaire je n’assume rien ou si peu je suis à peine là surtout le matin et la journée du reste défile en un éclair sans grondement sourd pour me le rappeler jamais je ne dors ou pour mon malheur alors mes rêves sont furieux qui brossent des batailles que je n’ai pas menées - en songe je manque à mourir souvent – et si je survis ma face blême mes articulations accablées mon esprit souverain se plaisent à me tourmenter I can’t I won’t & I don’t stop j’aime à errer les nuits sans lune par les rues désertes ou arpenter les méandres de la raison versatile seul je défie le temps dédale grotesque jamais je ne dors ou si mal baladin de mon incomplétude j’attends l’ambiance sereine qui ne vient pas ce que j’éprouve depuis toujours et plus encore peut-être après l’incidence c’est la singularité qui captive solitaire et débâtit elle-même les certitudes passagères de ces ombres blafardes ici ailleurs et là jamais je ne dors et il en est ainsi demain encore

hier

entre ces murs, un monde va.
de l’œil, toujours une histoire.
trois images bleuies, vassales.
la haine est délicate, et son humeur
suspecte.
équivoque l’audace, commuée.
Sens en friche, méduse(-moi).
incantations, en fleur solidages.
l’aspiration inerte, et sa forme
lointaine.

jeudi 21 octobre 2010

éclair #12

latitudes, une provocation, en arcane cambrure…

mercredi 20 octobre 2010

in girum... fragment





mettre en fuite des rois...

haïr le bon sens (l'usager de la grève)


par charb, in charlie hebdo, n°957



Il y a encore des hommes pour qui la grève est un scandale : c'est-à-dire non pas seulement une erreur, un désordre ou un délit, mais un crime moral, une action intolérable qui trouble à leurs yeux la Nature. Inadmissible, scandaleuse, révoltante, ont dit d'une grève récente certains lecteurs du Figaro . C'est là un langage qui date à vrai dire de la Restauration et qui en exprime la mentalité profonde ; c'est l'époque où la bourgeoisie, au pouvoir depuis encore peu de temps, opère une sorte de crase entre la Morale et la Nature, donnant à l'une la caution de l'autre : de peur d'avoir à naturaliser la morale, on moralise la Nature, on feint de confondre l'ordre politique et l'ordre naturel, et l'on conclut en décrétant immoral tout ce qui conteste les lois structurelles de la société que l'on est chargé de défendre. Aux préfets de Charles X comme aux lecteurs du Figaro d'aujourd'hui, la grève apparaît d'abord comme un défi aux prescriptions de la raison moralisée : faire grève, c'est "se moquer du monde", c'est-à-dire enfreindre moins une légalité civique qu'une légalité "naturelle", attenter au fondement philosophique de la société bourgeoise, ce mixte de morale et de logique, qu'est le bon sens.

Car ceci, le scandale vient d'un illogisme : la grève est scandaleuse parce qu'elle gêne précisément ceux qu'elle ne concerne pas. C'est la raison qui souffre et se révolte : la causalité directe, mécanique, computable, pourrait-on dire, qui nous est déjà apparue comme le fondement de la logique petite-bourgeoise dans les discours de M. Poujade, cette causalité-là est troublée : l'effet se disperse incompréhensiblement loin de la cause, il lui échappe, et c'est là ce qui est intolérable, choquant. Contrairement à ce que l'on pourrait croire des rêves petits-bourgeois, cette classe a une idée tyrannique, infiniment susceptible, de la causalité : le fondement de sa morale n'est nullement magique, mais rationnel. Seulement il s'agit d'une rationalité linéaire, étroite, fondée sur une correspondance pour ainsi dire numérique des causes et des effets. Ce qui manque à cette rationalité-là, c'est évidemment l'idée des fonctions complexes, l'imagination d'un étalement lointain des déterminismes, d'une solidarité des événements, que la tradition matérialiste a systématisée sous le nom de totalité.

La restriction des effets exige une division des fonctions. On pourrait facilement imaginer que les "hommes" sont solidaires : ce que l'on oppose, ce n'est donc pas l'homme à l'homme, c'est le gréviste à l'usager. L'usager (appelé aussi homme de la rue, et dont l'assemblage reçoit le nom innocent de population : nous avons déjà vu tout cela dans le vocabulaire de M. Macaigne), l'usager est un personnage imaginaire, algébrique pourrait-on dire, grâce auquel il devient possible de rompre la dispersion contagieuse des effets, et de tenir ferme une causalité réduite sur laquelle on va enfin pouvoir raisonner tranquillement et vertueusement. En découpant dans la condition générale du travailleur un statut particulier, la raison bourgeoise coupe le circuit social et revendique à son profit une solitude à laquelle la grève a précisément pour charge d'apporter un démenti : elle proteste contre ce qui lui est expressément adressé. L'usager, l'homme de la rue, le contribuable sont donc à la lettre des personnages, c'est-à-dire des acteurs promus selon les besoins de la cause à des rôles de surface, et dont la mission est de préserver la séparation essentialiste des cellules sociales, dont on sait qu'elle a été le premier principe idéologique de la Révolution bourgeoise.

C'est qu'en effet nous retrouvons ici un trait constitutif de la mentalité réactionnaire, qui est de disperser la collectivité en individus et l'individu en essences. Ce que tout le théâtre bourgeois fait de l'homme psychologique, mettant en conflit le Vieillard et le Jeune Homme, le Cocu et l'Amant, le Prêtre et le Mondain, les lecteurs du Figaro le font, eux aussi, de l'être social : opposer le gréviste et l'usager, c'est constituer le monde en théâtre, tirer de l'homme total un acteur particulier, et confronter ces acteurs arbitraires dans le mensonge d'une symbolique qui feint de croire que la partie n'est qu'une réduction parfaite du tout.

Ceci participe d'une technique générale de mystification qui consiste à formaliser autant qu'on peut le désordre social. Par exemple, la bourgeoisie ne s'inquiète pas, dit-elle, de savoir qui, dans la grève, a tort ou raison : après avoir divisé les effets entre eux pour mieux isoler celui-là seul qui la concerne, elle prétend se désintéresser de la cause : la grève est réduite à une incidence solitaire, à un phénomène que l'on néglige d'expliquer pour mieux en manifester le scandale. De même le travailleur des Services publics, le fonctionnaire seront abstraits de la masse laborieuse, comme si tout le statut salarié de ces travailleurs était en quelque sorte attiré, fixé et ensuite sublimé dans la surface même de leurs fonctions. Cet amincissement intéressé de la condition sociale permet d'esquiver le réel sans abandonner l'illusion euphorique d'une causalité directe, qui commencerait seulement là d'où il est commode à la bourgeoisie de la faire partir : de même que tout d'un coup le citoyen se trouve réduit au pur concept d'usager, de même les jeunes Français mobilisables se réveillent un matin évaporés, sublimés dans une pure essence militaire, que l'on feindra vertueusement de prendre pour le départ naturel de la logique universelle : le salut militaire devient ainsi l’origine inconditionnelle d’une causalité nouvelle, au-delà de laquelle il sera désormais monstrueux de vouloir remonter : contester ce statut ne peut donc être en aucun cas l’effet d’une causalité générale et préalable (conscience politique du citoyen), mais seulement le produit d’accidents postérieurs au départ de la nouvelle série causale : du point de vue bourgeois, refuser pour un soldat de partir ne peut-être que le fait de meneurs ou de coups de boisson, comme s’il n’existait pas d’autres très bonnes raisons à ce geste : croyance dont la stupidité le dispute à la mauvaise foi, puisqu’il est évident que la contestation d’un statut ne peut expressément trouver racine et aliment que dans une conscience qui prend ses distances par rapport à ce statut.

Il s'agit d'un nouveau ravage de l'essentialisme. Il est donc logique qu'en face du mensonge de l'essence et de la partie, la grève fonde le devenir et la vérité du tout. Elle signifie que l'homme est total, que toutes ses fonctions sont solidaires les unes des autres, que les rôles d'usager, de contribuable ou de militaire sont des remparts bien trop minces pour s'opposer à la contagion des faits, et que dans la société tous sont concernés par tous. En protestant que cette grève la gêne, la bourgeoisie témoigne d'une cohésion des fonctions sociales, qu'il est dans la fin même de la grève de manifester : le paradoxe, c'est que l'homme petit-bourgeois invoque le naturel de son isolement au moment précis où la grève le courbe sous l'évidence de sa subordination.

L'usager de la grève, par Roland Barthes, in Mythologies, Le Seuil, 1957,forcément sublime...

dimanche 17 octobre 2010

l'éros énergumène


égypte, 1985.




Au début des petits bruits de percussion s'élevaient
Dans un mouvement d'aller et venue intéressant
Mis - les bruits sont souvent des constats -
-orge froissée ne trouve plus sa justification ne
Devrait plus lui suffire alors qu'à pleines mains
Il tire les hauts des bas de nylon la soupesant
Ainsi masse charmante qui plonge à la verticale dans
L'étoffe, consciencieuse comme est après tout son
Désir. La percussion c'est le spectacle et, une
Fois le théâtre enlevé, il va rester ce front
Incliné sur un certain nombre de pensées dirigées
Vers eux seuls ( donc elle et moi ), dirigées vers
Leur image accouplée que décidément le silence éf-
Face/

éros énergumène, denis roche, extrait.





cf: réverbère

condyle

ne plus s'appartenir encore enfouir ou faire saillie pour une seconde éprouver jusqu'à l'os cet agrégat rebelle s'enfoncer par ailleurs tenir sa tête basse en un crâne lointain imaginer peut-être des parties éphémères ou attendre à la corde son étreinte est gracile voir la terre dicter son étourdissement la faiblesse est vertige et le geste en pulsations muscles futile vanité désuète en cet éclat fragile doucereuse amertume ecchymose subtile distinguer quand bien même un frisson licencieux au milieu des souffles insanes exhaler la torpeur une hantise vive déserter pour un temps la surface étrangère

après le bruissement ce ne fut qu'affliction

samedi 16 octobre 2010

éclair #11

néfaste, l'illusion extime se dissipe, enfin...

sentinelle...


antoine d'agata, insomnia, hambourg, 2002


être ici ailleurs...

mercredi 13 octobre 2010

bert's blues (viva donovan)


par la fenêtre, comme une plaie béante, voir la foule s'étirer
électriques, les artères ivres
cautériser leur blessure grise
et tous ces regards
m'accabler
en vain...


bert's blues: would I, should I, could I be a stranger...

dimanche 10 octobre 2010

treize

le désordre est un corps qui vibre.
désaimante l’éclat en lueur parcellaire.
échafaude limpide
l’insurrection qui ne vient pas.
le poison versatile de ces manières ivres
étroit espoir ou rien
s’insuffle avec lenteur.
le frémissement for
est une palissade.
insaisissable son avènement.
et ce halo au loin une illumination
fallacieuse et fractale.
en quelque zone d’ombre, une désabusion.

samedi 9 octobre 2010

plume solitaire éperdue



toute révolution est un coup de dés,
aux morts de la Commune,
1977.

dimanche 3 octobre 2010

mala noche

l'errance est une lutte la dérive une façon contre. je n'aime rien tant que disparaître de la basse ville. même la nuit surtout mauvaise petite ordure. l'inconstance un frisson. la brume, passagère et lucide. nos pas égarés et radieux - enfin.

samedi 2 octobre 2010

corps abîmes

combinaison séquence ouverture cyanhydrique échange. obsolète. attendre entendre. fuir les principes, par la fenêtre. eucaryote désespère. court-circuit vapeur éphémère. courir crever courir crever courir crever courir crever. encore. théâtre d'ombres - insolentes. sirènes incertaines, incohérences lentes. je ne cherche plus à comprendre. mais à savourer. un souffle nitrate d'amyle. précipices. corps abîmes. à l'atmosphère lourde, l'exhalaison légère. écran fracturé. stigmates sombres. tentative sonore diffractée par-delà les ondes. effroi rictus indélébile. étincelle trouble ruinée. encor hier dans la pénombre extravagances. tropismes ou. abandons. confluences. hématomes parcellaires. fuite des temps je demeure...

l'impureté est un luxe.

quiconque projette de déserter sera découpé en 198 morceaux