... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob
Affichage des articles dont le libellé est finitude. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est finitude. Afficher tous les articles

jeudi 7 septembre 2023

aux tourments que les hommes disent...

Le langage tourne en ce monde 
comme toupie sur le destin 
qui cesse de vivre vivant 
son temps ne sera pas décompté 
Quand je jouais la comédie 
voilà ce qui me faisait peur 
je perdais mon temps Et la vie 
est à prendre en tous ces moments 
Moments douloureux ou d'absence 
moments d'amours pour d'autres alors 
que le je fait risette au il 
ô mon île au milieu des mers 
Carte d'identité te perdre 
fut et reste mon voeu fervent 
mais en ai-je une ? C'est misère 
je ne le sais que dans le vent 
et qui me demande mon nom 
tiens ma foi c'est un anagramme 
j'en fais la remarque aujourd'hui 
celui-là perd le sien en route 
ce sont des questions de gendarmes 
à qui cherche professions 
c'est l'avenir qui m'intéresse 
ce que je serai avant mort 
demain ce soir dans la minute 
qui va suivre elle est déjà là 
écrire que nous allons vivre 
est vraiment très aventureux.

Extrait de J'habite mon silence, pp 28/29,  Georges Perros, Finitude

samedi 11 mars 2023

Jadis...

 " A vrai dire, oui, il est vraiment pathétique, pathétique et pitoyable, cet article de Matzneff dans la vieille et touchante Revue des deux Mondes (qui ne doit guère avoir plus de lecteurs que Matulu autrefois !), un sommet bien involontaire, hélas (sinon, ce serait de l'humour), de dérision. Bref, on nage en plein gâtisme, et franchement je me suis bien amusé à lire cette autoglorification qui me semble relever de la camisole de force ou de la douche glacée, bonnes vieilles méthodes qui, plus que celles de Freud, ont toujours su calmer les délirants et les agités - qui il faut bien le dire sont légion chez les gens de plume. Matzneff est persuadé que son âme intéresse les gens. Erreur: elle n'intéresse que lui, et c'est la tragédie de la plupart des écrivains de ne pas en avoir conscience. Et ce style, avec ça ! Daté, amphigourique, très XIXe, avec cette obsession de la mort-qui-rend-justice, tu parles ! Je préfère encore Jean Eustache et son teint urineux, lui au moins avait un réel talent, à la fin il paraît qu'il restait couché toute la journée avec une bouteille de whisky, et qu'il ne se levait plus que pour pisser, d'ailleurs, dès la Maman & la Putain, un grand film, on sentait qu'il n'était pas très doué pour la vie. (...)" 

Lettre à Alfred Eibel, 11 Décembre 1981, extrait

in Revue Capharnaüm, n°2, p.63, Eté 2001, Finitude

Sans illusions, Jean-Pierre Martinet