... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

lundi 30 septembre 2013

Dix

Que la fin rien n'existe
On ne le sait que trop
Encore on l'ignore
Pour quelque pâle aventure
Par-deçà l'atmosphère
Cet os ton mystère
Echéance amoureuse & vaste
Mon excès ton destin
Hier ici même pour...
S'évasent lasses les âmes.

lettre de Flaubert à George Sand sur un camp de Bohémiens à Rouen

 Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule, en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre.

 C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au Solitaire, au Poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

12 juin 1867

(Correspondance, éd. de la Pléiade tome 5, pp. 653-654)

via l'excellent blog http://oeuvresouvertes.net/ à découvrir instamment, camarades... 

samedi 28 septembre 2013

maturité

Jeune je buvais de la bière & vomissais de la bile verte
Plus vieux j'ai bu du vin et vomi du sang rouge
Maintenant je vomis de l'air

juillet 1982



 Maturité, in Linceul Blanc, traduction Yves Le Pellec et Françoise Bourbon, pp 640/641, Allen Ginsberg, Poëmes, Christian Bourgois

vendredi 27 septembre 2013

éros énergumène

nudité quelle incandescence errance vaine par-delà l'insolence éros énergumène presque l'espoir se fige en une offense lente ton existence mon inconstance rien hier même las... vertiges sans nom... indistinction certaine... dispositif destiné à capturer une âme errante (& vain)... au moins... l'exquise tension se fraie en interstices. sacrifices. ailleurs, l'intensité est la même, après quelque décor abandonné... et fallacieux, encore...

jeudi 26 septembre 2013

Rien...

rien non lâche mensonge exclusion véhémence élan incertain mon ombre impasse silence puis rien avalanche autrui inélégant exorcisme merde encore merde encore fuis pour rien hier pour quelques secondes aucun walhalla ne vaut le détour quoique même cochonnerie humaine tout m'indiffère sauf à la nuit peut-être attendre encore en vain une destinée indélicate l'errance est un chemin las par-delà des frontières  désassemblées et inhérentes rien va rien... encore. la finitude un lendemain... ailleurs même je vois...

lundi 23 septembre 2013

vendredi 20 septembre 2013

Malice...

Devenir rien. Pour au moins quelques secondes. Penser à tout en un élan incertain. Ta montre l'intruse n'apprend point. En un élan vif & agile, la transcendance s'étiole lente. Sans mémoire je n'existe point. Tourment intérieur, sourire évanescence... Ta béance même. Fuite  lasse & humaine. Malice... Elastique fuyant au hasard... Nos traces charmantes par-delà quelque aspiration profonde... Alcool, Mélancolie (& infinite sadness) Pessismisme insignes... La nuit, hier enfin. 

mardi 17 septembre 2013

samedi 14 septembre 2013

un an après

ce n'est pas tout le monde il est laid, tout le monde il est méchant, c'est tout le monde il est laid, tout le monde il est lâche.





maurice pialat, décembre 1992.

jeudi 12 septembre 2013

énigme #1

je te hais je t'angoisse je te trouble encore hier fumerolles - incise errante...  te voir en catastrophe... itinérance... ton égarement ma douleur... tourments hier encore même...  je ne sais rien que la nuit... et que ton caprice... par-delà les turbulences, l'indolence effare... l'énigme est délicatesse, espiègle et précaire... rien va, rien va, rien va.... camarades. la stance implacable... l'énigme perdure par-delà les plis... perdure par delà... rien va... incise errante... te voir en catastrophe... que la nuit... énigme intrinsèque... ailleurs hier... encore ce vent...

mercredi 4 septembre 2013

Hausse de 6,7% du nombre de salariées épilées chez Fiat Telekom Polski

   J'ai vingt-neuf ans et l'effondrement du bloc de l'Union Soviétique quatorze. Historiquement, mon pays s'est toujours présenté comme l'un des pays d'Europe de l'Est les plus libéraux. L'effondrement de l'Union soviétique à permis à de nombreuses grandes entreprises de l'Ouest de s'implanter dans notre pays. Moi, je travaille avec Fiat Telekom Polski (Danuta, 23 ans, Katowice).

   Ayant en mémoire les douloureuses épreuves essuyées à l'époque où les libertés et les droits fondamentaux de l'homme étaient violés dans notre Patrie,
   Soucieux de l'existence et de l'avenir de notre Patrie, ayant en 1989 recouvré la faculté de décider en toute souveraineté et pleine démocratie de la destinée et de l'implantation de six nouvelles agences d'un opérateur italien en 2001,
    Nous, la nation polonaise - tous les citoyens de la République, autant que ceux qui croient en dieu, source de la vérité, de la justice, de la bonté et de la beauté, que ceux qui ne partagent pas cette foi et qui puisent ces valeurs universelles dans d'autres sources, égaux en droits et en devoirs envers la Pologne qui est notre bien commun,
    Reconnaissants à nos ancêtres de leur travail et de leur lutte payée d'immenses sacrifice pour que la Pologne, désormais à court d'argent pour honorer un remboursement de sa dette extérieure, fasse pression sur Fiat Telecom pour obtenir au plus vite le règlement de 4,6 milliards d'euros pour l'acquisition de 35 % de l'opérateur public PTSA,
    Conscients enfin de l'état de notre réseau téléphonique,

    Environ 11000 des 27500 employés des 160 agences que compte l'opérateur italien devront quitter l'entreprise d'ici 2004.

(...)

Jean-Charles Massera, United Emmerdements of New Order, P.O.L., pp 131/132