... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob
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samedi 26 octobre 2024

S'accrocher à


 Pennequin, encore...

mercredi 23 août 2023

jeudi 19 janvier 2023

Fulmination

 


charles:1 - jésus:0 - la redoute:3

Pennequin forever !

jeudi 21 avril 2022

Détruire dit-elle

alors le martien détruit 
le neuf c'est détruire l'oeuvre d'avant 
il faut d'abord tout détruire 
avant de faire du neuf 
tout détruire ce qui a été fait 
et le neuf 
c'est détruire par-dessus çà 
c'est une nouvelle destruction 
sur la précédente destruction 
il faudra détruire 
la création c'est ça 
c'est détruire à partir 
de ce qui a été détruit 
tout a été détruit 
alors il faut détruire à nouveau 
tout cet art qui a été fait 
toute cette création 
ça n'était que destruction 
à chaque fois qu'on crée 
on détruit 
il faut donc détruire encore 
détruire plus profondément 
avec plus de conscience 
avec plus de volonté 
il faut aller à la destruction absolue 
il faut creuser là-dedans 
et ne pas se laisser distraire ! 

 extrait de Le Martien Charles Pennequin, Lenka Lente, édition non paginée.

jeudi 6 mai 2021

jeudi 29 octobre 2020

PerSonne

Pennequin vs PauvrosPerSonne, quelque part Lille, 2006

dimanche 5 juin 2016

l'armée noire

le capitaine fendu s'en fout lui. il s'en fout toujours le capitaine fendu. il danse. il danse les nichons à l'air, car le capitaine a des nichons et ils sont à l'air libre. on voit sauter les tétons durs de capitaine fendu, quand celui-ci plonge sur la piste. quand il roule sur le sol ou quand il remonte sa tête et expulse son corps de la mêlée. il a des bons bras durs le capitaine fendu, ce qui fait qu'il fait valser tout son petit monde sur la piste. la piste transpire. ronron est exténué. il prend tous les livres de la lettre f de la bibliothèque et se met à danser avec. ronron dit: c'est plus reposant de danser avec des bouquins. c'est plus reposant de danser avec le capitaine fendu.

il y avait beaucoup de jeunes autour du capitaine fendu. le capitaine fendu aime bien la jeunesse. en fait il aime l'amour, malgré ce qu'il dit, il aime que ça. mais il se méfie du défi jeune, le défi jeune est une méfiance à tous égards. le défi de la jeunesse. pourquoi faut-il défier la jeunesse qui se défile ? se demande le capitaine fendu. parce qu'après on s'encroûte la tête, on a le cerveau tout plein de croûtes si on prend pas un bain de jouvence, c'est-à-dire un bain tout électrifié et rempli de doutes. on se baigne dans le doute profond et dans l'instabilité électrique. on s'enfonce dans la vie brouillonne. on nage en contradicteur de la contradiction. le capitaine fendu est une sorte de traquenard à lui tout seul. on croit passer une bonne soirée avec le capitaine fendu, alors qu'on met incidemment les doigts dans la prise. on se prend un coup de jus avec le capitaine fendu. car le capitaine fendu vous regarde droit dans les yeux et vous démasque. c'est pas pour autant qu'il ne faut pas avancer masqué. il faut se masquer, mais pas parce qu'il y a le capitaine fendu, il faut avancer masqué tout simplement pour ne pas être désigné. ne pas se sentir mis au pilori de soi-même. car soi-même est une sorte de pilori. soi-même a une sorte de pointe. soi-même est un casque à pointe. et la pointe est rentrée dans le crâne. soi-même est une croix et tout ça pour crâner. mais si on veut crâner, on ferait mieux de signer que d'une croix, comme dans les films de cow-boys, dit le capitaine fendu. on ferait mieux de signer d'une croix que d'apposer son nom à l'art. à tout l'art j'appose mon nom, c'est la pire des erreurs ! il n'aurait jamais fallu avancer de nom, il ne faut avancer que des masques, c'est-à-dire, avancer collectivement en bête, une bête à plusieurs noms. elle a des petits noms et des grands noms. elle a toute sorte de définitions à sortir. elle a tout ça en réserve la bête, elle a un réservoir à caractères. demandez-lui telle empreinte, elle pourra vous la fournir, mais derrière tout un tas d'autres qui attendent, car ce sont des empreintes de meute. c'est une meute de noms la bête. elle n'est pas empruntée, elle emprunte tous les chemins du possible et elle fonce vers l'ailleurs. elle s'enfonce dans le temps la bête noire. c'est une armée, un grouillement de petits parlers, de petits dires qui s'envolent, de petits ratatinements personnels, de petits rires : l'armée noire est un rire qui grouille. un rire de gargouille l'armée noire. un tube à mille goulots. une gargote où ça ploie sous le faire, car le faire c'est ça qui nous anime, dit le capitaine fendu. on n'est animé que dans le faire et pas dans l'attente. l'attente spectaculaire. l'attente culturelle et spectaculaire. tout le monde a du boulot, tout ça qui bosse et tout ça qui grouille et fonce. ça fonce dans l'époque tête baissée, sans se lamenter du spectacle offert.

(...)

Charles Pennequin, Les Exozomes, pp.73/75, P.O.L.


 

vendredi 19 décembre 2014

samedi 20 septembre 2014

on n'est pas des écrivains

on est des ratatinés. on a à voir avec le ratatinement. on s'écrase au plus profond. on n'est pas profond. on n'a rien à voir avec ce qui fait l'écrivain. on est dans l'écrit. l'écrit c'est-à-dire on s'oublie. on est portés comme disparus dans le langage. c'est la notion de parler qui fait défaut. c'est la notion d'avoir des relations. c'est la notion d'être. c'est la notion d'en vouloir et d'être. alors qu'on nous a posés là et qu'on n'en bouge pas. c'est tout dedans que ça remue. c'est quelque chose en dedans qui fait son remue-ménage. c'est même pas nous. nous on sait pas qui on est. on serait des nôtres. mais on est déjà pas là avec le personnage qui est en moi. on a rien à voir avec un mot qui écrirait. ni un nous. l'époque est au nous. mais l'époque n'est pas à un nous scientifique. ni a un nous microbien. c'est le nous-nous noué à l'humain. c'est dégueulasse. l'époque dégueule du nous à travers nous. nous ne sommes pas du même bois que ce nous. nous sommes toujours avec le métal. nous sommes avec les vitres et les poutrelles. et nous sommes toujours d'accord avec les microbes et l'électricité. nous sommes profondément envieux du nucléaire. quoiqu'il arrive, les philosophes ne gagneront pas la guerre ouverte au langage sans nous. le nous tout nous-nous et noueux qui broute pour sa chapelle. des grosses vaches. des gros culs d'ego portés. des portés de pelotons d'ego noués. voilà ce qu'ils sont tous les humains qui parlent trop. ils s'aiment en paroles, c'est la parole qui fait l'amour. l'amour n'existe pas sinon. c'est toute l'articulation. c'est la modulation de fréquence. c'est le bon ton et la bonne gueule à bégayer des je t'aime qui font que ça s'amourache dans l'herbe à vache, mais les vaches s'aiment autrement. on aime autrement quand on est veau, vache ou cochon. on n'a pas besoin de savoir quoi dire à sa fiancée. on la roule dans la bouse. on lui patine mollement le museau. on s'en fout des mots. tous les mots des seigneurs de mots. tous les potages imbuvables à la science à parler. on ne veut plus parler. on veut braire.


in  Pamphlet contre la mort pp 130/132, Charles Pennequin, P.O.L.

jeudi 8 mai 2014

Dans le vivant...

(...) Un jour tout finit toujours par nous vider qu'elle me disait. Par nous vider de nous. Ton père déjà portait tout le vide de nous quand je l'ai connu. Ton père avait déjà son vide en lui. Son vide c'était tout lui. Et tout ce qu'il avait connu vidait son lui en toi. Jeune il est tout le portrait craché de ta tête de mort aujourd'hui. Je me suis longtemps tué de son portrait je me disais. Je voulais devenir une tronche avec un mort de trop en dedans. Le mort de trop c'était ma tête. Je me serais fait mort pour elle. Je l'aurais tuée à mort pour son bien. Je l'aimais ma petite tronche mais je n'osais le dire à mon papa que je l'aimais. J'aimais le vide de mon papa à moi dans la trombine. Et le portrait tué avec. Le portrait tué du macchabée qui vient de nous naître. N'allez pas croire tout ce que je vous ai dit. J'ai dit que j'aimerais tuer en elle le pas bon qu'il y a en moi. C'est moi le pas bon en elle. Je le fais exprès. C'est dans mon caractère. Tous les macchabées que vous avez dans les savates vous le diront. Tous vos traîne-savates dans vos tronches bouche bée de macchabées vous le diront tout net. Ce n'est pas du même amour. Je ne suis pas du même amour que ça. Pas du même bois. Je n'en suis pas encore là. J'en suis à ne pas y être encore. J'en suis à ne jamais en être. A en crever de ne pas y être de ne pas y avoir été au bon moment. C'est jamais le bon moment. Je ne sais rien de rien. Je n'ai jamais rien su de rien. Je n'ai fait que savoir que je n'en saurais  encore toujours moins que le moins que rien que j'aurais pu au moins savoir. (...)


in Bibi, POL, pp 135/137, Charles Pennequin 

jeudi 31 octobre 2013

pennequin sait...



Charles mange son cerveau...

dimanche 24 octobre 2010

samedi 24 avril 2010

l'oeil du poëte (wouah la vache!)

une légère improvisation du toujours excellent charles pennequin, ancien gendarme, aujourd'hui poëte, amateur de performances ou autres poësies sonores, à chaque instant sur le fil du rasoir... la définition même du poëte, n'est-ce pas?


petite biographie de notre homme:Charles Pennequin est né en 1965 à Cambrai (Nord). Passe la majeure partie de sa jeunesse à Thun-l'Evêque. Sa maison est entourée de cailloux. Devant sa fenêtre son père jardine et on devine au loin l'autoroute. Un jour sa famille voit au-dessus du péage une grosse barre blanche dans le ciel noir : c'est Apollo-Soyouz ! Etudes mater- nelles : le Garde Champêtre rentre et met les menottes à un garçon plus âgé. Etudes primaires : la directrice aime beaucoup son dessin d'une montagne au jaune fluo. Un jour, il est accusé de casser des ampoules. Collège : Pensionnat dans un ancien dispensaire durant la guerre. Le surveillant général ressemble étrangement à Himmler. Sur la porte d'entrée, il est marqué AUFNAHME. A la télévision on passe Les yeux bleus. Mercredi club photo, judo, tir à l'arc. Son professeur l'accuse d'imiter les poèmes saturniens. Tape des dix doigts. Service militaire à Drachenbronn. Mariage. Naissance du premier enfant. Baptême à l'église. Long déplacement avec l'Escadron en Martinique où il lit Gestes et opinions du docteur Faustroll. Affectation en Gendarmerie Mobile à Melun. Écrit des poèmes dans La Grappe. Lit Ceux qui merdRent. Première grosse voiture. Deuxième enfant. Emménage au Mans en 1993. Rencontre Christian Prigent. Découvre RR de Christophe Tarkos et Stéphane Bérard. Téléphone à Nathalie Quintane. Lit Kati Molnar. Envoie une K7 à Bernard Heidsieck. Ecrit Bête comme un peintre. La revue Action Poétique publie son premier vrai poème : Le père ce matin. Naissance du troisième en 1995. Ecrit Dedans. Naissance du quatrième en 1999. Publication de Dedans. Depuis cette date, Charles Pennequin a publié Bibi, puis Mon Binôme et La ville est un trou, texte qui est suivi de Un Jour dans le même livre. Il fait des lectures en France et un petit peu à côté. Vit à Lille.

Publication dans les revues Nioques, Jardin Ouvrier, Ouste, Java, Poézi Prolétèr, Action Poétique, RR, (h)apax, Fusées, If, Il Particolare, ffwl, Prospectus, ttc, G.P.U., Facial, éc/arts, Moue de Veau, Corridor, Doc(k)s, Ton Cul Pue, Sapriphage, Complex Tri, Patate, Talkie Walkie, Quaderno, Stalker, etc.


Il y a un avant
et un après
Et il y a au milieu de l'avant
et de l'après
un entre-deux.

Et moi je fous rien.


Je suis toute la journée dans l'entre-deux
à me rien foutre en plein
dedans.
Qu'est-ce que j'attends ?

in moins ça va, plus ça vient, dernier télégramme

Charles Pennequin est vivant
absolument vivant
(c'est-à-dire dans la merde)