... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

lundi 27 juin 2016

Toujours

Epuiser les possibles...

Quel nom !







Adorée Villany, atelier Willinger, fin des années 1910 (?)

dimanche 26 juin 2016

Leptons &

la vérité une scansion dernière abréaction après son innocence merdre leptons incertains incandescence rare... nuits sommes éphémères voire... processe, oeil visage, éradications de boucles instinctuelles...  quelque instant avant rien ultime rempart... je te sais la nuit, onde étrangère, malgré l'errance, se propage le flot quand s'étend la coupole... à ton soir dilemme. à nos errements même. voir après la fin un élan illusoire...

samedi 25 juin 2016

La lenteur.

   25 juillet 1977

La lenteur. il faudrait écrire un "essai" sur la lenteur. Tout ce qui tourne autour. Etablir pour le livre une liste de mots. Le ciel se dégage. La triple ligne des collines particulièrement nette. Je suis bien. Beaucoup lire pour que cela m'enrobe. Si je pouvais il y aurait tant de variétés de plaisirs. Pourquoi me suis-je énervée, - au lieu de les vivre - samedi, à faire des choses simples ? Culpabilité ? Mais pourquoi ? Pure et simple manifestation de schizophrénie dont je ne dois tirer aucun sens.

Relire tout Rilke. Je sens que pourrai y mettre un autre regard et qu'alors j'atteindrais avec lui, mon plein sens. Faire une fiche à part pour tirer de mon journal tous les projets de travail.

La lenteur. Mais parfois aussi accélérer le travail, seul moyen d'y être vraiment prise. Serrer le journées. Les intensifier: pas un instant pour se sentir vide.
La lenteur: Virginia Woolf, Rilke, Kafka, Flaubert, Mallarmé devant sa fenêtre, Mandelstam en Arménie.

Travail sur Antonin Artaud : inquiétude. Avoir toujours à l'esprit : qu'est-ce que quelqu'un comme moi a à dire d'Antonin Artaud ? Peut-être est-il important, dans la lecture, qu'un langage subjectif réponde à un autre langage subjectif, que l'apport se fasse par juxtaposition  et non par appropriation ou généralisation; A nouveau affirmer: c'est un moi, strictement moi, qui doit parler d'Artaud. "Un acteur on le voit comme à travers des cristaux. / L'inspiration à paliers. /Il ne faut pas trop laisser passer la littérature."

in dire, encore pp.116/117 Brûle Pour Point Agnès Rouzier

Climat

Obscurité mémoire gouffre réitère l'aspiration.
Etrangeté guette; telle l'atmosphère, induite.
Climat: encore suffisance, après l'errance, ivre...
Savoir le nom, savoir la piste, encor
Connaître l'insomnie et la dérive, pour le pire...
Cet abandon à la nuit existe-t-il ?
Après le périmètre de la fraction sensible.
Zone incohérence et pourtant névrotique...
A l'abandon transfert, espace analogue.
L'onde gravitationnelle s'éloigne clandestine

Chant des hyènes, encor

vendredi 24 juin 2016

C'était Durruti...

Barcelone, 30 juillet

  Nous sommes les adversaires déclarés de tout gouvernement tyrannique et arbitraire. Nous trouvons ignoble toute effusion de sang n'émanant pas de la résolution populaire à faire valoir ses droits. Nous décidons cependant, la tête froide, avec une sérénité implacable et une volonté inflexible, d'accomplir ce qui suit: si les actes irresponsables qui plongent Barcelone toute entière dans la terreur ne cessent pas, nous abattrons sans exception quiconque aura été découvert en train de commettre un crime contre l'humanité.
  L'honneur du peuple de Barcelone et la dignité de la C.N.T. et du F.A.I. exigent qu'il soit mis fin à ces excès. Et nous y mettrons fin.

Solidaridad Obrera.


in Le bref été de l'anarchie,  Hans Magnus Enzensberger, L'Imaginaire/Gallimard, p.258

lundi 20 juin 2016

Illicite

Rien. Voire

Etre là. Avant fin. Tant d'heures lasses [Merdre à l'hémisphère errance longue plaisir coupable hier adoncques]

Savoir est entendre, parfois. Dessein dense, comprendre même de ce monde las une obédience mensongère. D'ivresse nuits lesquelles.
Extraire quelque errement du périmètre, vassal.

Icelui nuire, après impact. Inhérence lasse. Inscrit l'homicide. Une agonie.

Traces d'états d'âme, illusoires...

N'existe rien que la mémoire, illicite.

jeudi 16 juin 2016

Bloomsday...

(au hasard...)

  Collées à la vitre deux mouches bourdonnèrent, collées.
  Le vin bu s'attardait plein de soleil à son palais. foulé dans les pressoirs des vignobles bourguignons. Toute la chaleur du soleil. C'est comme une caresse secrète qui me rappelle des choses. Au moelleux contact ses sens se souvenaient. Cachés sous les fougères de Howth. Sous nous la baie ciel dormant. Pas un bruit. Le ciel. La baie pourpre à la pointe du Lion. Verte à Drumleck. Vert-jaune vers Sutton. Prairies sous la mer, lignes d'un brun plus clair parmi les herbes, cités englouties. Mon veston faisait oreiller à ses cheveux, des perce-oreilles dans les touffes de la bruyère, ma main sous la nuque, vous allez toute me chiffonner. Ô mon dieu ! Sa main suavifiée d'aromates me touchait, me caressait; ses yeux ne se refusaient pas. Allongé au-dessus d'elle, ravi, bouche ouverte, à pleines lèvres, je baisai sa bouche. Iam. Douce elle fit passer dans ma bouche du gâteau chaud mâché. Pâte écoeurante que sa bouche avait pétrie, sucrée et aigre de salive. Joie; je la mangerai; joie. Jeune vie, moue de ses lèvres tendues. Lèvres tendres, chaudes, collantes, gomme parfumée, loukoum. De vraies fleurs ses yeux, prends-moi, yeux qui veulent bien. Des cailloux dégringolaient. Elle restait immobile. Une chèvre. Personne. En haut dans les rhododendrons de Ben Howth une chèvre qui va d'un pas précis, semant ses raisins de Corinthe. Abritée sous les fougères elle riait dans la chaude étreinte. Follement mon corps pesait sur le sien, je l'embrassais; yeux, lèvres, son cou tendu, ses artères battantes, ses seins de femme faite bombant dans sa blouse en voile de laine, dressant leurs bouts épais. Je lui dardais ma langue brûlante. Elle me donnait des baisers. Je recevais ses baisers. Toute consentante elle ébouriffait mes cheveux. Embrassée elle m'embrassait.
  Moi. Et moi maintenant.
  Collées, les mouches bourdonnaient.

extrait de Ulysse, James Joyce, Folio (pp.271/272) traduction d'Auguste Morel, revue par Valéry Larbaud, Stuart Gilbert et l'auteur.

Joyeux Bloomsday à tous, camarades...

mercredi 15 juin 2016

de la vie, venin

évidence lasse au jour j (- h) souffle infime de force lignes incertaines torsions/tensions par-delà variations  extimes un vol en suspens après les éléments une alerte absence au monde éphémère délice après certes euphorie urgence rien ne presse lente accélération puis l'évidence du vide... en ma gorge cet air vicié en mon antre exacerbation toxique/doxique attendre l'errance choisir l'éclipse pour quelque instant aride cette fin, venimeuse...

dimanche 12 juin 2016

Nudity, fragments














Espace D

Attendre merdre cet élan incarnat machine errante à la lune estimable encor Espace D une expérience un soliloque défiance d'esprit carbon/silicon A la longue rompue roideur à l'horizon désastre une influence lente Osmose misère descente sentinelles deux pas d'uranium à la margelle gare Quelque opinion à la lisière limite lasse et mensongère intime l'ordre soumission Nature même inélégance après le temps et certains spasmes nuire à l'infime cette frontière...

Bad Life


Public Image Limited, camarade...

samedi 11 juin 2016

Drtikol errances...

Etude, 1926

La vague, 1927

Nu horizontal avec vague verticale, 1926

Broken arc, 1927

Le cri, 1927

Deux soeurs, 1932

Frantisek Drtikol au hasard...

vendredi 10 juin 2016

Orphiques...

Dans le bateau
Qui tangue,
Avec les bateaux qu'il percute
D'une aurore
Sur la proue
Brille un oeil
Incandescent:
(Mon pas
Solitaire
Boit l'ombre
Sur le Quai)
Dans la lumière
Uniforme
Des bateaux
A la ville
Seul le pas
Qui à la nuit
Solitaire
Se répercute
Dans la nuit
Des bateaux
Solitaire
Répercute:
Si vaste
Si ambiguë
Dans la nuit
Si pure!
L'eau (la mer
Qui s'en exhale ?)
Vers les routes
Dans la nuit
Bat: aveugle
par les routes
Dans l'oeil
Inhumain
De la nuit
D'un destin
dans la nuit
Plus lointain
Par les routes
De la nuit
Mon pas
Bat et sonne.

Bat et sonne (pp.77/79)





(Nuit.) Devant le feu du miroir. Dans la fantasmagorie profonde du miroir, les corps nus se succèdent muets: et les corps las et vaincus dans les flammes inéteintes et muettes, et comme hors du temps, les corps blancs ahuris, inertes, dans la fournaise opaque: blanche, de mon esprit épuisé, silencieuse, elle se libéra, Eve se libéra et me réveilla.
  Je me promène sous le cauchemar des arcades. Une goutte de lumière sanguine, puis l'ombre, puis une goutte de lumière sanguine, la douceur des ensevelis. Je disparais dans une ruelle, mais de l'ombre, sous un réverbère, blanchit une ombre qui a les lèvres peintes. O Satan, toi qui met les salopes nocturnes au fond des carrefours, ô toi, qui depuis l'ombre montre l'infâme cadavre d'Ophélie, ô Satan prend pitié de ma longue misère !

extrait de La journée d'un neurasthénique (pp.92/93)


in Chants Orphiques (Allia) Dino Campana (traduction de l'italien: David Bosc)

mercredi 8 juin 2016

Corridor

Naissance incertaine. Par la bouche obreptice... Souvenirs détruire. Son merdre... Entre ces dents désir(s) futile(s)...Implosition soudaine. Sortir encor sortir toujours. Tomber le masque comme cède l'hydre... Vulnérable tense... Ailleurs idole errance... Quelque instant même. Ta perte voire. Seule ainsi essence rare... A la nuit cette distance à l'ailleurs une outrance. Ton élégance. Ma vie. Rien. Je pense. Héritage à l'instant, indistinct... J'attends la fin, puis non, en cet armistice feint... Fuir ainsi après l'an peut-être. Vouloir instance merdre après l'annonce crasse... Savoir extime cette menace. Encor valide corridor.Parmi ces liens, lente, une aporie.

lundi 6 juin 2016

dimanche 5 juin 2016

Lointain Arden...

Savoir fin non disparaître à l'ailleurs encore errance droit rien amende ville étincelle connaître à peine tension perpétuelle non non ton regard un dilemme controverse à la nuit ta fragrance fatale échappée laide ou  giratoire même Eros encor à désinence incertaine ton océan mon illusion échouage à la peine frictions électriques scansions frissons à l'hémisphère flibustière valence après son insolence intrinsèque croire en ce sud merdre croire en l'évanescence certaine parmi les rangs parsemés merdre encor quelque instant mensonger ou... Je te sais, en cette incohérence, & en cette inhérence, esprit après la transe exorable à tout le moins. Soyons ainsi même à l'horizon, innocence aux mains vides déraison alerte amène non non... L'emmerdement fossile, ou... cette impudence, blême... un horizon indécis après les larmes lentes.

l'armée noire

le capitaine fendu s'en fout lui. il s'en fout toujours le capitaine fendu. il danse. il danse les nichons à l'air, car le capitaine a des nichons et ils sont à l'air libre. on voit sauter les tétons durs de capitaine fendu, quand celui-ci plonge sur la piste. quand il roule sur le sol ou quand il remonte sa tête et expulse son corps de la mêlée. il a des bons bras durs le capitaine fendu, ce qui fait qu'il fait valser tout son petit monde sur la piste. la piste transpire. ronron est exténué. il prend tous les livres de la lettre f de la bibliothèque et se met à danser avec. ronron dit: c'est plus reposant de danser avec des bouquins. c'est plus reposant de danser avec le capitaine fendu.

il y avait beaucoup de jeunes autour du capitaine fendu. le capitaine fendu aime bien la jeunesse. en fait il aime l'amour, malgré ce qu'il dit, il aime que ça. mais il se méfie du défi jeune, le défi jeune est une méfiance à tous égards. le défi de la jeunesse. pourquoi faut-il défier la jeunesse qui se défile ? se demande le capitaine fendu. parce qu'après on s'encroûte la tête, on a le cerveau tout plein de croûtes si on prend pas un bain de jouvence, c'est-à-dire un bain tout électrifié et rempli de doutes. on se baigne dans le doute profond et dans l'instabilité électrique. on s'enfonce dans la vie brouillonne. on nage en contradicteur de la contradiction. le capitaine fendu est une sorte de traquenard à lui tout seul. on croit passer une bonne soirée avec le capitaine fendu, alors qu'on met incidemment les doigts dans la prise. on se prend un coup de jus avec le capitaine fendu. car le capitaine fendu vous regarde droit dans les yeux et vous démasque. c'est pas pour autant qu'il ne faut pas avancer masqué. il faut se masquer, mais pas parce qu'il y a le capitaine fendu, il faut avancer masqué tout simplement pour ne pas être désigné. ne pas se sentir mis au pilori de soi-même. car soi-même est une sorte de pilori. soi-même a une sorte de pointe. soi-même est un casque à pointe. et la pointe est rentrée dans le crâne. soi-même est une croix et tout ça pour crâner. mais si on veut crâner, on ferait mieux de signer que d'une croix, comme dans les films de cow-boys, dit le capitaine fendu. on ferait mieux de signer d'une croix que d'apposer son nom à l'art. à tout l'art j'appose mon nom, c'est la pire des erreurs ! il n'aurait jamais fallu avancer de nom, il ne faut avancer que des masques, c'est-à-dire, avancer collectivement en bête, une bête à plusieurs noms. elle a des petits noms et des grands noms. elle a toute sorte de définitions à sortir. elle a tout ça en réserve la bête, elle a un réservoir à caractères. demandez-lui telle empreinte, elle pourra vous la fournir, mais derrière tout un tas d'autres qui attendent, car ce sont des empreintes de meute. c'est une meute de noms la bête. elle n'est pas empruntée, elle emprunte tous les chemins du possible et elle fonce vers l'ailleurs. elle s'enfonce dans le temps la bête noire. c'est une armée, un grouillement de petits parlers, de petits dires qui s'envolent, de petits ratatinements personnels, de petits rires : l'armée noire est un rire qui grouille. un rire de gargouille l'armée noire. un tube à mille goulots. une gargote où ça ploie sous le faire, car le faire c'est ça qui nous anime, dit le capitaine fendu. on n'est animé que dans le faire et pas dans l'attente. l'attente spectaculaire. l'attente culturelle et spectaculaire. tout le monde a du boulot, tout ça qui bosse et tout ça qui grouille et fonce. ça fonce dans l'époque tête baissée, sans se lamenter du spectacle offert.

(...)

Charles Pennequin, Les Exozomes, pp.73/75, P.O.L.


 

samedi 4 juin 2016

En route pour la joie...

                     Hosanna, Hosanna via jukebox