... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

samedi 30 mai 2009

E.S. , très jeune homme en très vieux monde...




Eric Satie Gnossienne 3


"si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux."

"il est mauvais de se noyer après manger."

"sachez que le travail ... c'est la liberté... - ... la liberté... des autres... - Pendant que vous travaillez, ... vous n'ennuyez personne ..."

"j'ai connu autrefois un pauvre homme qui, par scrupule, n'a jamais voulu coucher chez lui, disant que son nom était un nom à coucher dehors. Ce souvenir ne m'est pas désagréable."

"j'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. - ... - Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu."

"se mettre à plat ventre, c'est bien. Toutefois cette position est incommode pour lécher la main de celui qui vous donne des coups de pied dans le derrière."

"il ne suffit pas de refuser la Légion d'Honneur; encore faut-il ne pas la mériter!"

"certains artistes veulent être enterrés vivants."

"je m'appelle Erik Satie comme tout le monde."

En août 1918, pendant les raids d'avions ennemis sur la capitale, Satie allait frapper à chaque alerte à la porte d'un de ses voisins et disait d'une voix sépulcrale: - «Je viens mourir avec vous.»



Erik Satie et Picabia dans une courte scène du film Entr'acte réalisé par René Clair en 1924 www.erik-satie.com

tentation(s)

exquises et héroïques
les âmes damnées fusent
en un éclat de rire
insolent et diffus...

vendredi 29 mai 2009

samedi 23 mai 2009

une injonction

la prétérition est irrecevable !

psychogéographie(s)

les grandes villes sont favorables à la distraction que nous appelons dérive. la dérive est une technique de déplacement sans but. elle se fonde sur l'influence du décor.

toutes les maisons sont belles. l'architecture doit devenir passionnante. nous ne saurions prendre en considération des entreprises de construction plus restreintes.
le nouvel urbanisme est inséparable de bouleversements économiques et sociaux heureusement inévitables. il est permis de penser que les revendications révolutionnaires d'une époque sont fonction de l'idée que cette époque se fait du bonheur. la mise en valeur des loisirs n'est donc pas une plaisanterie.

nous rapellons qu'il s'agit d'inventer des jeux nouveaux.

Debord & Fillon ( jacques, pas françois...) in potlatch n°14 ( 30 novembre 1954)

samedi 16 mai 2009

cloaque

... devinrent une seule chair en un songe subtil délivrance éruptive et hostile étirement certain incandescent élan vers leur rupture même

qu'elle est belle la vue !

feulements de rigueur claquent et cognent les fronts aux vents mauvais souvent insinués ici et là éparpillés pour leur radieux malheur

vous êtes heureux !

ouïs les grondements dégagée la chaleur ce magma dérisoire est une raison d'être ou de paraître enfin égarés ou vivants

tout est véreux !

la fièvre est éminente le regard ébloui blanches nuits & jours noirs à l'aine cette empreinte s'efface avec lenteur un rai puis le silence

rien à vous que ce temps !

devinrent une seule chair en un songe subtil délivrance éruptive et hostile étirement certain incandescent élan vers leur rupture même ...

bertfromsang & michel eyquem...

or mes opinions, je les trouve infiniment hardies et constantes à condamner mon insuffisance.
in Essais, livre II chapitre XVII

vendredi 15 mai 2009

... qui se puissent danser

" A la pensée moderne, Nietzsche désigne une philosophie qui a pour cellule séminale le pied. Pour Nietzsche, il n’y a de vérité que celle que le pied dicte à l’esprit : " Des vérités faites pour nos pieds, des vérités qui se puissent danser ", réclame-t-il. A l’avenir de la poësie en quête d’une vérité de corps, Nietzsche ouvre la voie vers un langage purement chorégraphique. Dans une intensification du rapport entre le corps et la langue, la conception chorégraphique de la parole définie par Nietzsche pose les fondements d’une lecture où le mot est perçu en termes de geste : " il faut apprendre ", écrit-il, à tout considérer comme un geste : la longueur et la césure des phrases, la ponctuation, les respirations ".

michèle finck

life style (la ville est un trou)

la ville est un trou,
gouffre à l'aspiration démesurée,
je n'y ai pas ma place


loin de la félicité - promise en aubade


le temps se désagrège avec obstination
laissant entrevoir un avenir sibyllin


où la révolution, inaccaparée, semblera lointaine
et la solitude, encore plus solitaire


perdre la face, même de façon passagère, aux yeux de tous,
n'est pas une indigence, indécente ou austère
mais une danse vaine, lézardée, diffractée...


un rêve âpre,furieux, éperdu
une tentation âcre, sourde, venimeuse


pour finir, un exil
dans la tempête vaine


il y marchait pieds nus, et espérances amères...

scarlet diva







La colline déploie aux étoiles la blancheur de sa terre dénudée;
Pavese, in paysage II

















Certains attendent que le temps change, d'autres le saisissent avec force et agissent.
Dante, in la divine comédie























Ô joie, joie, joie...
Y avait-il encore de la joie
dans cette absurde nuit
préparée pour nous?

Pasolini splendeur









on ne peut plus autobiographique... asia échappa à ce connard, ce qui ne l'empêcha point de jouer dans un des meilleurs GVS, last days

jeudi 7 mai 2009

où donc ?

où se terrent donc les preuves vivantes de nos inexistences ?

Pierre Guyotat

(...) sa joue, murmure modulé sorti de la gorge, ébranlant le front, vibre sur l'aine du blond; ses dents ébréchées morsillent les chairs molles tirées, son bras enserre le fessier immaculé du blond; les doigts, la paume de son autre main, attouchent le pouls du ventre qui fermente; les boucles hautes de sa chevelure balaient le sein cuivré du blond; sa langue balafrée sort d'entre ses dents, d'entre ses lèvres, nez piquant vers les boules, chauffe le bord du cul salé par la suée; le ventre trésaille; (...) in eden eden eden


















(...) la nuit. l'aube: je vais chercher maman, restez avec bachir.dans les rues, le long des murs, contre la chaux mouillée, les soldats ensommeillés s'appellent comme des putains,ils grattent la terre avec leurs souliers à clous et rejettent la poussière au milieu de la rue, sur mes pieds nus, les ombres se lèvent sur les façades, nageoires et lances, les fenêtres s'ouvrent, les ombres tintent dans les feuillages, contre les troncs; les têtes nues, montent le long des vitres, odeurs de lit, chaleurs vertes, songes sortent de ces bouches ouvertes sur l'orient; la barrière blanche et rouge, un soldat coule du sable rêveusement sur le levier de fer, je m'approche du poste de garde, le soldat marche vers le mirador, la sentinelle plie sa couverture et la jette sur son épaule, ouvre la portière et descend du mirador, la main sur la rampe d'acier: "hi... hi..." (...) in tombeau pour cinq cent mille soldats


Cours Pierre Guyotat
Vidéo envoyée par leoscheer_tv
Leçons de Pierre Guyotat sur la langue française, à l’université Paris VIII

Plus d'information :
http://www.leoscheer.com

mercredi 6 mai 2009

infinitive - 3

se coucher ivre au bord des précipices
évanouis vertiges - par intermède
isthmes aurifères qui se dissipent
le front retentit d'un pas lourd
aux phosphores éreintés
préférer l'attraction du vide
l'anéantissement
des rives ultimes
au-delà des cités
abandonnées et grises.

bertfromsang & benny...

un homme sage ne croit que la moitié des choses qu'on lui dit,un encore plus sage sait laquelle des deux moitiés croire.

héautontimorouménos, mais non!

hypnoïde
paupières lasses
& oeil supplicié
l'ironie souveraine
la dague dans la plaie
le ténébreux sérum
par le tain, menacé

schizoïde
bourreau de soi-même
devenu
de soi-même bouffon
ce reflet serait-il
la geôle ou le tombeau
-un de moins, dans un rire.

adam damné...

de ma côte fracturée naîtra le chaos de mon âme ...

artaud & co



pourquoi l'homme doit-il déféquer
seulement pour lui rappeler
qu'il a la merde en lui
pour une éternité
moins longue qu'il ne croit;
dans cette merde il nage
à la recherche d'une étoile
qu'il a vue disparaître
dans un ciel mauvais
aux brumes morcelées;
une malédiction,
sur le sol, là, gisant ...

un peuple de fantômes (dans culture, il y a ture)

le type au chapeau veille sur un peuple de fantômes



il y a quelques années, je rentrais de la pêche à travers champs lorsque j'aperçus au loin mon ami raymond, agriculteur proche de la retraite avec qui il m'arrivait de taper le carton. je m'approchai, puis la surprise me cloua sur place. raymond se tenait debout sous le soleil et se branlait paisiblement en contemplant ses vingt-quatre rangs de vigne. inutile d'insister sur la portée symbolique d'un tableau aussi indiscutable.

comparée à cette image qui a dit tout ce que le monde rural cache au voyageur pressé, qu'est-ce que raconte la photographie ci-dessus ?

regardez-là attentivement, cette photo. le type au chapeau veille sur un peuple de fantômes. autour de lui, mille paupières dorment sous la rouille, mille gestes, en suspens, attendent d'être instrumentalisés. murmures, grincements, persiflages, battements d'ailes. un cri d'effroi.

oui, une salle de montage est bien un lieu de perdition - où la pornographie elle-même doit finir par perdre ses droits.

andré s. labarthe

photographie: patrick messina
in les inrocks, n°160

infinitive - 2

mourir est fatigant, vivre est ridicule, compter est affligeant, entrevoir, dérisoire...
être là semble comique, dans l'entrelacs d'existences désenchantées
et riches et claires et pauvres, obscures...
attendre est intenable, agir, imprévisible...
se laisser déborder par cette joie de vivre est prohibé peut-être...
avancer pour un temps
et reculer sans cesse
accabler nos tourments
et leurs enterrées laisses...
soupirer avec aise quelques secondes au moins,
dans l'ardente espérance
du présent du passé.

j'étais sur le chemin boueux et déserté...
seule une ombre incessante semblait m'accompagner...