... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob
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dimanche 28 décembre 2025

A force de rien



  Pöeme inédit et retrouvé... Bertrand Delcour via Marie Möör
                                
                                                                       
                                                                        
                                                               

 

dimanche 17 août 2025

éléphant.

l'événement éléphant. le phénomène éléphant-langue. énigme énorme & grise. aura, coeur gros, démarche empressée dans l'ocre & les bruns - charge dans les rouges - déboulé comme un seul parmi son propre obstacle & le dégât passe pour lisibilité perdue, la forme un peu de mappemonde cabossée de l' éléphant blanc marchant anaphorique à son cimetière: cela soulève des nuages de terres brûlées, poussière du cirque mental - ô monstre sans orthographe, dont la peau est un texte & la masse un mot, vieux colosse aux oreilles-voiles-du-monde, condamné même en morceaux ne passe pas la glotte,

Bric&Dric éléphant deux Fissile extrait (collection Maigre n°23)

lundi 28 juillet 2025

Balafre

 "Ecrire, c'est briser le lien qui unit la parole à moi-même, briser le rapport qui, me faisant parler vers toi, me donne parole dans l'entente que cette parole reçoit de toi, car elle t'interpelle, elle est l'interprétation qui commence en moi parce qu'elle finit en toi. Ecrire c'est rompre ce lien. C'est en outre, retirer du langage du cours du monde, le dessaisir de ce qui fait de lui un pouvoir par lequel, si je parle, c'est le monde qui se parle, c'est le jour qui s'édifie par le travail, l'action et le temps."

Extrait de  Album, p.50, Pauline Allié, Héros-Limite

mercredi 18 juin 2025

Espace...

Ici, sur les pentes des collines, face au couchant 
Et à la béance du temps, 
Près des vergers à l'ombre coupée, 
Tels des prisonniers, 
Tels des chômeurs, 
Nous cultivons l'espoir.

 Mahmoud Darwich, Anthologie (1992/2005),Babel/Actes Sud, p.187, Etat de Siège, incipit (trad. Elias Sanbar)

mardi 20 mai 2025

Histoire Indécente

  Lorsque Mariquita atteignit l'âge critique, sa mère voulut faire avec elle la même chose que celle de Carmencita, et quand elle la vit pâlir et avoir des cernes sous les yeux, elle lui offrit un bouquet de roses rouges. Mais Mariquita était beaucoup plus effrontée que Carmencita. Elle prit le bouquet, ouvrit la fenêtre, jeta les fleurs dehors, et eut ses règles comme cette Maruja, que toi, Pepín , tu as vu concourir dans cet inoubliable concours.


Extrait de Le Chien Andalou & autres textes poëtiques, p.37

Luis Buñuel (trad. Jean Michel Saint-Lu) Poësie/Gallimard

mercredi 26 février 2025

Violenti rapiunt

 Ce violenti rapiunt de la Vulgate, cette violence qu'on doit exercer pour sortir de soi, pour être soulevé, pour tout changer, c'est la définition du travail du poëte. Et cette violence, il l'exerce à l'intérieur même du langage, c'est-à-dire en lui-même. Et il est bien question de ravir, d'être ravi, d'être emporté soi-même. Il y a lutte. Ulysse chante plutôt qu'il ne se bouche les oreilles. La colère contre le langage courant, et contre la littérature, il faut la changer en une violence à l'intérieur même du langage. 

Il faut un frère cruel au langage, p.29, David Bosc, Héros-Limite 

samedi 22 février 2025

Lilith Vertigo

  We don't know anything - NO FUTURE - La connaissance de l'Eternité des ruptures - ICI - IMMEDIATE -

  L'art n'a d'ailleurs jamais existé: seulement et surtout des agirs pour désincarcérer le toujours ouvert ! La Tradition, c'est le trouement, la verticalisation qui ne fait qu'ouvrir, défaire, désoeuvrer, accélérer les guérillas de l'Etre, écarteler Tous à la à la multiplicité des possibles d'une Terre commune à Tous: la Terre mélangée, incendiée du Sens - la Terre, mère des Titans, la Langue, la Matière Immédiate, offerte à tous les fouaillages, à tous les pillages... Il n'y a jamais eu d'Art - rien qu'une guerre insensée de Batailles contre la durée sociale et pour l'Eternité du Feu de Métal, pour la diversité du REEL. Non au drame postindustriel !

 extrait de Hiver sur les continents cernés - Archives Ossang - Vol.1 - Revue Cée (Novembre 1977)  Le Feu Sacré  F.J. OsSang


jeudi 23 janvier 2025

Délices


*
Dans l'eau de Mauvaise Vie
Où je me suis penchée

J'ai touché
De mes yeux troubles
Mes traits déformés

Vu
De mes doigts limpides
L'étrange Beauté

Goutté
De mon crâne chatoyant
Le murmure de la Folie dévoilée.

*
Je songe 
Mélancolique
Aux flottements 
Délicieux
De mes dérives passées

M'évade
Prisonnières qui ronge ses chaînes

M'échappe de moi-même
Chienne sans laisse

Vole
Chatte perchée

Retrouver les fosses anales
De mes amours halluciné(e)s

*

Je me couche 
Amère
La colère aux lèvres
Reflux acides
Trempée jusqu'à l'os
Refus féroce
Qui me dévore tout entière.

Délire coquelicot, extraits, Julie Facquier, Le Nouveau Décadent



 

jeudi 26 décembre 2024

Facile - bis


 Facile, GLM, 1935


Merdre...

lundi 23 décembre 2024

Avoir été

 J'ai moi-même travaillé très tôt, jadis : Veilleur de nuit le jour, lecteur de fil AFP à Sud-Ouest, TasteVin tragique à Confrérie Bachique, bibliothécaire bi-polaire, coach de mort, hôtesse de l'air, trouveur imbécile, mercenaire à mi-temps, ramasseur d'ordures pendables, marchand d'ignorance & co....

Confer



mercredi 20 novembre 2024

Les trois étapes


Il faut partir...  



Mlle Dagoit, Dans le silence rose de la chambre 6, WeekendPoetry 






jeudi 24 octobre 2024

Douce

Elle veut tout et sans fin 
appuyée au chambranle du monde 
se tend encore à vouloir le son 

les chuchotis à l'oreille 
les larsens à la briser 
les langues qui se délient 

les doigts sur la bouche 
le nacre du chapelet 

Elle veut le secret 
la consolation

Patricia Ryckewaert, A la folie, p.35, Tarmac éditions  

mercredi 16 octobre 2024

mardi 8 octobre 2024

Rien après l'hier

  Tous tes os sont brisés par ton souffle, vertèbre après vertèbre, pas de relâche dans la course, tant que tu respires, plexus solaire rongé, pas de relâche dans la course contre, diffusant poumons, ça se propage jusqu'aux valves, ça change de place et se transforme, s'intensifie, le sang reflue dans le mauvais sens, tout est pourri, tu pourris de l'intérieur, des phrases te viennent plus clairement que jamais, l'alimentation d'un feu mourant, la sténose, c'est un cent mètres, un marathon, une lutte à poings nus, tu y perds du sang, tu y perds ta conscience, tu affrontes seul, tu n'as pas besoin de leur pitié, de leurs regards embués, de leur compréhension, de leur fausse compassion, de leurs sourires ennuyés, de faire tache dans le bonheur, leurs vies si bien faites, leur excellente santé, cirées comme un parquet, tu n'as pas besoin qu'on en rajoute, tu es plutôt en moins, tu te sens déjà de trop, et la coupe est déjà pleine, tu n'as pas besoin d'eux, de leur politesse, de leurs sourires attristés, de leurs bons conseils, de leurs remords, de leurs explications, de leur tristesse, de leur empathie, de leur chien, de leur chat.


Virginie Lalucq, Liste des pages, p.22, Presses du réel/Al dante

lundi 30 septembre 2024

Délire...

 L'inconscient n'est pas un théâtre, mais une usine.

Gilles

mercredi 28 août 2024

Diagonale...

   DESORMAIS CE NE SONT PLUS LES MOTS QUI VIENDRONT, CE SONT LES QUINTES, LES QUARTES, LES TIERCES, CE SONT LES INTERVALLES. A L'HEURE QU'IL EST J'ARPENTE CE QUE JE SUIS, L'ELAN SE DEFINIT HORIZONTALEMENTEN TRACANT DROIT DEVANT. CHEMIN FAISANT ON SUIT DES POINTS DE SOI, ET QUAND JE DIS "ECRIRE DEVANT DES FOSSILES", CE N'EST PAS UNE IMAGE.

extrait d' Alphabet, Dorothée Volut, Eric Pesty éditeur, volume non-paginé (plein centre)

mardi 20 août 2024

Chemin de l'égalité

 263.

"Une heure d'ascension dans les montagnes fait d'un gredin et d'un saint deux créatures à peu près semblables. La fatigue est le chemin le plus court vers l'égalité et la fraternité - et durant le sommeil  la liberté finit par s'y ajouter."

Nietzsche, Humain trop humain




vendredi 26 juillet 2024

Ecrire une histoire en six mots

via la machine à écrire magazine

- Successions de petites apocalypses, cet univers

- Espace vaste, temps fugace, esprit volatil. 

- Le temps à pris fin, hier (Roger Deeley, trad. Jacques Chambon,1972)

vendredi 19 juillet 2024

Belle

 Et si l'on veut encore appeler "belle" une image arrachée à l'ouragan du vide, sa beauté sera deux fois plus objective que ce qu'on a coutume de vêtir de ce nom. D'abord parce qu'elle vient d'un monde plus près de la réalité et plus universel que la célèbre nature. Aussi parce que celui qui la traduit en humain ne peut pas la transposer. Car elle est sauve de l'inévitable coefficient de désinformation individuelle du seul fait qu'elle ne peut pas être l'oeuvre d'un individu qui dans sa création n'a été que le geste. Celui qui a vidé sa conscience de toutes les images de notre faux monde qui n'est pas un vase clos peut attirer en lui , happé par la succion du vide, d'autres images venues de l'espace où l'on respire et du temps où le coeur bat, souvenirs immémoriaux ou Pöesie fulgurances. 

Roger Gilbert-Lecomte , Arthur Rimbaud, Lurlure, p.30