Inadvertance limite faille tectonique errances paradigme blessures play entre cri & silence ça des mots violences maintes déchirement de sens perte d'haleine secousses ignorances de l'usure à la cessation abréaction phénomène tenir encor' pour quelque échec à la nuit fébrilité du vide.
dimanche 10 janvier 2021
lundi 4 janvier 2021
Le mythe de l'oeil
Depuis une nuit, une mémoire noire, un sommeil, il tâtonne, à plat.
Puis cet il, cet oeil, conjecture. Se creuse: se vide et se laisse devenir ample. S'ouvre: laisse percer le jour. Se laisse toucher. Alors, illuminé, peau vide pourtant encore, sens unique sans chair et sans cicatrice, bref sans histoire, l'oeil se fend: fend sa lumière et son creux. Et fait jaillir les autres sens. Alors: le temps !
Ainsi, vue, lumière, temps, espace, naissent d'un creusement infini, d'une courbure informe, mais redoublée, donc de deux infinis heurtés, écartelés jusqu'à s'enrouler, devenir point, cercle, boule - premier volume. Depuis le globe de l'oeil,le monde immense apparaît.*
L'épreuve de la peinture que Max Loreau fait subir à la vision philosophique culmine ici dans le mythe. Mais qu'est-ce que ce mythe ? Le récit de l'origine d'où s'engendre le phénomène - le corps de la vue ? A condition d'être ouverture de la langue: entre Platon et Hölderlin, la fiction du mythe prend la double force d'une écriture poëtique et philosophique.
L'origine de l'oeil, de la peinture, a fortiori de la théorie, se trace dans la langue du mythe: énigmes.
* Extrait de Vue d'intérieur (Le drame de la naissance du globe), Max Loreau, éditions Carte Blanche, Paris,1985
Eric Clémens, in TeXTes, anthologie, éditions du CEP, p.87, 2020. Initialement paru dans la revue TXT n°20, La peinture fait écrire,1986
jeudi 31 décembre 2020
mercredi 30 décembre 2020
Non, rien.
Cérébrales fêlures semonce entendement
Spectrales trombes (à) foison déhiscence
Sanglots lents & lasse perspective
De crime élément(s) par-delà le signe
Du souffle sans cesse toujours mouvement
S'écroule l'immanence, se fracturent les temps
Discontinue présence à l'absence diffuse
Liesses vassales parmi les interstices
Transversales présences en instant ironique
Elan certain, et rouge sang, après la ville
Inénarrable antienne encor' convulsive
Un errement aux écueils maints solitaire
Blocs d'obscurité silence perte d'haleine
Souffrance d'ombre seulement reste de nuit
Sens en saccades éruptive scansion
Sauve qui peut d'aube la silhouette lourde
Et son écot de cicatrices infidèles
Incarnat horizon, entre corps & âme, rien.
samedi 26 décembre 2020
Inadvertance (Infinitive - 15)
A l'inadvertance souscrire pour quelque instant,
S'oublier comme on s'échine
Défier l'espace/temps et son corollaire merdrique
Savoir l'errance en l'époque
Continuer de cesser encor'
Suivre la trace mensongère
Jusqu'à la trame élémentaire,
Découvrir des profondeurs l'ivresse
En un songe délétère & ultime,
Défendre les frasque stance stase hébétude
En finir enfin avec l'ordre iconique.
mardi 22 décembre 2020
samedi 19 décembre 2020
A se perdre
Je m'égare, de partout où j'existe, je m'égare, de partout où j'excite, je m'égare, de partout où j'oublie, je m'égare, de partout où je sais, je m'égare, de partout l'espérance, je m'égare, de partout la souffrance, je m'égare, de partout l'ignorance, je m'égare, de partout l'évidence, je m'égare, de l'idéologie, je m'égare, de l'espace infini, je m'égare, des errances enfouies, je m'égare, des dérives subites, je m'égare, du monde tel qu'il est, je m'égare, & tel qu'il devrait être, je m'égare, des luttes intestines, je m'égare, de la nuit interdite, je m'égare, des années dispersées, je m'égare, d'incertain lendemain, à se perdre...
vendredi 18 décembre 2020
ambition/inexistence
mon ambition est de dormir
car le paysage de mon rêve c'est moi
mon ambition c'est le paysage
on naît dans un paysage
il faut naître dans un paysage
allons naître dans un paysage
allons-y maintenant allons naître
dans un paysage ici maintenant
là nais là tout de suite nais avant que le paysage
te laisse seul
seul au sol immobile avec ton aveu entre les bras
car ta naissance est un aveu
tu n'étais pas né et tous les paysages te le répètent
et chaque paysage te le répètera
tu n'étais pas né
mon ambition c'est le paysage
c'est que tu respires quelque part
avant que je ravale le paysage
Je suis amoureuse, Anna Serra, p.34, Lanskine
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