... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

vendredi 11 janvier 2013

#3

rater sa vie est une chose...

faire de ce ratage une expérience captivante en est une autre...

on ne le sait que trop,

l'échec encor ne suffit plus.

son élégance, en revanche...

vendredi 4 janvier 2013

je n'ai jamais cru

je n'ai jamais cru à moi, je n'ai jamais cru à mon actualité et je n'ai jamais su me voir dans l'avenir, comme un enfant qui croit qu'il sera vraiment lui, lorsqu'il sera devenu autre, lorsqu'il sera l'homme qui au-delà de cette vie pourra être quelque chose, je pense un moi imaginaire qui ne peut exister.

Francis Picabia, Poèmes, Mémoire du livre, p.349.

turn me off

rien va...

rien va, ton errance est un vice, inélégant... dans l'espace comme dans le temps, ta fin est plus que proche. rien va, la contingence originelle sur le plan des objectivités permanentes, intuition de la prévision.... choir est incertain, à intervalle crasse. l'intuition d'une absence n'est rien... au milieu d'un néant alcalin, rien va et plus encore. ne rien attendre que ce concept universel: la connaissance de saisir l'autrui qui aboutit aux cigarettes hier. rien va jusqu'à demain, et plus encore à l'optimisme refroidi, exsangue même... sache que je te vois et que l'envers est pavé d'intentions frustes... rien va énergumène, même...

lundi 31 décembre 2012

vagabonde

n'aime rien que l'amer
sa géographie frêle
te guette.
n'attends pas l'horizon
sa cavalcade vaine
te guigne.
n'imagine rien tant
que l'ennui profond qui
te forge.
n'éteins pas ces lumières
leur souffle saturnien
t'aiguille.
n'omets point la raison
son attrait souterrain
te gorge.

sois le néant, camarade
oublie pour mieux te souvenir,
et malgré ce chaos
inébranlable
vocifère.


samedi 29 décembre 2012

coquelicot

tout rater n'est point encore assez. il s'agit de disparaître, à la manière de cet ultime atome, dans cent milliards d'années.

un délitement façonné par une absconse usure.

Maîtresse je coule !

ainsi

jusqu'à ce renoncement difficile

et là, hier enfin

la suture: éphémère lien.

après quelque élan incertain

ébranle

nos incertitudes...






















samedi 22 décembre 2012

insomnie l'errance...

ta plume en mon fiel intime latence écrasée par son insignifiance impulsion souveraine et astringente nue tu reviendras ma jeunesse lointaine soit l'ombre en moi vertigineuse longue la gorge serrée errance absence une cloche plane plane avec ce flacon le paysage se déploie inélégant tant de volontés dans l'amère intensité par delà l'ultra-violet ou l'infra-rouge geste insane à l'air las la mort parmi nous une mascarade fleur noeud de ruban de peau humaine ici on s'égare à peine exténuée cette jeunesse à l'avancée incertaine hier ailleurs quand bien même jardins de femmes aux jolies omoplates/langueur de nénuphar captive la raison versatile vagues appels parages lisses longue estafilade poitrine tendue de pardons combien faut-il un temps lourd ?

nu descendant un escalier


1912

rien à attendre

effaré je monte enfin
je n'apprécie rien à sa juste valeur
la valeur juste est un leurre
encore plus haut le branle-bas
encore plus haut le branle-bas
un leurre, donc
j'aime à m'égarer, pour de faux
effaré je monte en vain
voire
l'effarement est cette balafrée façade
j'aime assez
et puis rien
un leurre, donc
et je fais de mon pire
avec cet enthousiasme, adolescent
ironique peut-être
dévoile hier encore
paradoxes
ici féroce
ce désir d'ombre