... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

mercredi 7 novembre 2012

le ciel s'était éloigné d'au moins dix mètres.

  depuis ma chute, je ne me rappelais pas avoir dormi. parfois, l'inconscience de la nuit devait interférer avec celle du sommeil, bien sûr; mais sans que cessent le film des images et le marteau régulier de la viande, à présent bien établie dans son nouvel état. des circuits s'étaient constitués, des cadences: dans ma cheville, soudain, quelque chose s'éveillait en chuintant, comme l'eau qui fuse d'un tuyau percé; d'autres sources se mettaient à gicler, puis toutes se rejoignaient et coulaient en se faufilant le long de mon corps. ou bien, la douleur faisait sa pelote au-dessus du talon, se roulant et se distordant lentement; lorsque la boule était prête - j'arrivais maintenant à en prévoir l'instant -, elle se brisait avec une sensation de lumière; et les éclats, traversant mon pied à toute allure, venaient exploser, en étoiles aussitôt éteintes, au bout des orteils. là, je respirais: il se passerait un bon moment avant la formation de la boule suivante. je n'avais jamais eu de fracture; mais je sentais bien qu'il y avait là-dedans une bouillie d'os et de chair bouleversés, et qu'il faudrait beaucoup d'art et de patience pour l'ordonner. à moins que...


l'astragale (pp 26/27) livre de poche (1968) albertine sarrazin

allez les filles !



S.G.  rocks !

mardi 6 novembre 2012

fortunes...

ta nuit mon néant imposture lasse éclat d'éclair feint solitudes silences fortunes ailleurs à nos latitudes parangon d'existence cet objet du désir incarnat cieux désespérés kabbale paroxysme à l'Ailleurs Immédiat point de grand passage, pléthore mêlé d'abominations et de miracles... lady death... tensions chimiques, sémillance de veines, imminences,sommes en guerilla, loin du zéro essentiel et du désordre certain: l'Elémentaire Tragique... après la passion, les ténèbres, et cette élégance, altière incertaine cette vie  pour quoi ? alone et passagères, nos semonces, à la nuit disparaissent...

samedi 3 novembre 2012

marteau & transmutation

 Nietzsche est le premier à nous apprendre qu'il ne suffit pas de tuer dieu pour opérer la transmutation des valeurs. Dans l'oeuvre de Nietzsche, les versions de la mort de dieu sont multiples, une quinzaine au moins,  toutes d'une grande beauté. Mais précisément, d'après l'une des plus belles, le meurtrier de dieu est "le plus hideux des hommes". Nietzsche veut dire que l'homme s'enlaidit encore, quand, n'ayant plus besoin d'une instance extérieure, il s'interdit à lui-même ce qu'on lui défendait, et se charge spontanément d'une police, et de fardeaux, qui ne lui semblent même plus venir du dehors. Ainsi l'histoire de la philosophie, des socratiques aux hégéliens, reste l'histoire des longues soumissions de l'homme, et des raisons qu'il se donne pour les légitimer. Ce mouvement de la dégénérescence n'affecte pas seulement la philosophie, mais exprime le devenir le plus général, la catégorie la plus fondamentale de l'histoire. Non pas un fait dans l'histoire, mais le principe même, dont découlent la plupart des événements  qui ont déterminé notre pensée et notre vie, symptômes d'une décomposition; Si bien que la vraie philosophie de l'avenir, n'est pas plus historique qu'elle n'est éternelle: elle doit être intempestive, toujours intempestive.  (pp 22/23)




Nous, lecteurs de Nietzsche, devons éviter quatre contresens possibles: 1° sur la volonté de puissance (croire que la volonté de puissance signifie"désir de dominer" ou "vouloir la puissance") ; 2° sur les forts et les faibles (croire que les plus "puissants", dans un régime social, sont par là même des "forts") ; 3° sur l'éternel Retour (croire qu'il s'agit d'une vieille idée, empruntée aux Grecs, aux Indoux, aux Babyloniens... ; croire qu'il s'agit d'un cycle, ou d'un retour du Même, d'un retour au même) ; 4° sur les oeuvres dernières (croire que ces oeuvres sont excessives ou déjà disqualifiées par la folie). (p 41)

in Nietzsche par Gilles Deleuze (puf)

mercredi 31 octobre 2012

syllepse

connexes synapses  neurones
mutuelles engeances équinoxes
soif de faim syllepse
l'itération est un crime
et nos vies blêmes terroristes
pourquoi ?
pauvres, errants, encore nous le sommes
l'oubli comme passion dominante...
quelle est cette musique ?
et son exécution maladive
ta miséricorde mon supplice
parmi les rires...
tout événement est une rencontre
au mérite, proférée
et même encore,
personne ne dort.
comme elle rit...
quelle est cette musique ?
azote ou oxygène argon voire...
alone again or
le destin d'un film est géographique.
l'exploration d'un continent s'impose
comme un élan mélancolique
seul parmi nous tous.


lundi 29 octobre 2012

les lendemains qui chantent...



disparu, le clip originel...

unfinished sympathy

j'ai vu ta fin sibylline, ivre ici-même l'insane salve lasse énigme... imaginaire hier ta fièvre cristalline s'étend presque à l'autre rive. lire des dictionnaires comme on lit des romans partout ailleurs cette rétine; ton inattention mauvaise est rétive. après bien des années, ignorance des cokes et des replis incertains encore nos zones d'ombres. NE DEPLAIRE  A PERSONNE: ni méthédrine ni méthadone, tout va bien en irlande & à bagdad... rester prudent far passare... à l'inutile, l'incertain joindre. tout se plie se déplie se replie encore surgir à fleur de peau subtile. si proche à peine, cette fragrance gratuite, au milieu de rien, ou de personne... garantie romantique au départ et à l'arrivée ... cesser peut-être, qui ? et  nos vies malaises, qui ? voir ailleurs hier. & même. unfinished sympathy . a day without a night ... like a soul whitout mind... le temps m'étreint/ l'espace captive/le vide guide... pour rien, ou presque... et j'ai vu ailleurs cette fresque, blême...

samedi 27 octobre 2012

W

après les masques
les eaux lentes & lourdes irradient
théâtre d'ombres - énergumène
un oeil en chute libre
dire tout haut ce qu'on a pensé trop vite:
la vulgarité.
ici ça chie du roman comme à chaque automne
céphalées clandestines
& visions nocturnes.
je veux te boire.
tatouée cette rétine,
sculptée à l'usure
quitte ou double, qu'il disait
ces gouffres: les chaînes d'info prêtent à rire.
l'espace est le vide
donc...
ce qu'être las veut dire.
promesses insanes,
maison des feuilles...
rien n'est invisible
sinon  à l'invitation du pire, répondre...


lundi 22 octobre 2012

(...) c'est de dire: Ubik...

Je suis Ubik.
Avant que l'univers soit, je suis.
J'ai fait les soleils.
J'ai fait les mondes.
J'ai créé les être vivants et les lieux qu'ils habitent; je les y ai transportés, je les y ai placés.
Ils vont où je veux, ils font ce que je dis.
Je suis le mot et mon nom n'est jamais prononcé, le nom qui n'est connu de personne.
Je suis appelé Ubik, mais ce n'est pas mon nom.
Je suis.
Je serai toujours.

Ubik, P.K.Dick, p.284 (10/18)




cf  ubik, in les nouveaux chemins de la connaissance #ubik #franceculture #dick  à ouïr, certes...

peut-être...

nos vies vos extinctions nos suicides vos abandons nos acides vos pluies nettoient point même crevaison indemne inélégante ou dernière... ton nom... vertige passager. rien à attendre. j'entends fusion incessante. filière exsangue énergumène. sois rien ou toi, voire le même. hier est encore demain. quand  cet atome s'égare, avec délicatesse. je le vois. on le devine à peine. POURQUOI ? à noyer ruiner sombrer éteindre presque. incohérence du réel. éloge du rien. encore un monde fantôme... ou cette crue fascinée... l'autre existe, peut-être...