... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob

mercredi 14 décembre 2011

une chose toute simple...


les ivrognes ont la réputation de voir double. l'homme possède deux yeux et par conséquent deux images du réel qui se superposent normalement l'une à l'autre ; lorsqu'il est ivre la superposition se fait mal, d'où le fait que deux bouteilles au lieu d'une dansent devant les yeux de l'ivrogne. mais cette duplication du réel est un phénomène purement somatique ; elle n'engage pas en profondeur la perception ivrogne du réel. tout au contraire : l'ivrogne perçoit simple, et c'est plutôt l'homme sobre qui, habituellement, perçoit double. l'ivrogne est, quant à lui, hébété par la présence sous ses yeux d'une chose singulière et unique qu'il montre de l'index tout en prenant l'entourage à témoin, et bientôt à partie si celui-ci se rebiffe : regardez là, il y a une fleur, c'est une fleur, mais puisque je vous dis que c'est une fleur... une chose toute simple, c'est-à-dire saisie comme singularité stupéfiante, comme émergence insolite dans le champ de l'existence. en quoi l'ivrognerie peut être invoquée comme une des voies d'accès possible à l'expérience ontologique, au sentiment de l'être ; car l'ivrogne voit qu'il y a la rose, et qu'elle est sans pourquoi, comme disait heidegger citant angelus silesius:
la rose est sans pourquoi, fleurit parce qu'elle fleurit
n'a souci d'elle-même, ne désire être vue.

le réel. traité de l'idiotie. clément rosset (minuit) pp 41/42

samedi 10 décembre 2011

... fauve

tous les matins t'as mal
et les journées t'es rien
les soirées qui t'emportent
en des nuits souveraines
précieuses sont peut-être
et après qui tu es ?
seul & fauve
ou  presque
du vide
à la recherche...

mardi 6 décembre 2011

anamorphose

cette part d’ombre anamorphose échéance élégante et sombre encore l’osmose parcellaire il fuit en dérive amère au sol sa trace reste mensongère aussi et pour un temps en ses veines mêmes l’assaut des horizons se propage amène au gré de tensions formelles & délicates bancale l’aversion versatile élection où sommes-nous ? à la nuit pour certains et au néant pour d’autres… y voir à peine en cette onde propagée : elle s’efface… 

mercredi 30 novembre 2011

nuits magnétiques...


une certaine idée de l'errance...

cet instant...

cet instant irréel imperceptible pas même là pas même lasse s'étend comme elle s'éteint, la vie s'allonge comme elle sombre n'y voir lacune cette pénombre mes voeux occis tes zones d'ombre à ce fil nos tréfonds s'oxydent encor ailleurs l'apothéose pour personne temps incertain ton inutile évasion touche au grotesque exhalaison de saveurs amènes ce sac une ignorance parmi les opprobres confuses qui est là pour quelques secondes et qui s'enfuit peut-être... non,  l'ailleurs est ainsi pavé d'intentions décentes ou presque j'attends et n'attends pas ici est une arène à la con ou presque pour quelques hommes l'exode est palpable à la flagrance automnale qui touche  encore demain ? rien . nos atmosphères se délitent. ainsi que trois champs d'investigation flous ou peut-être... à cette onde se perdre ceci est ma place lacunaire au loin d'autres énergumènes j'apostrophe et circonviens au-delà  même du rien et de ses ondes passagères... nos attentes à la nuit, attentes à la nuit, attente à la nuit...

mardi 29 novembre 2011

comme on promène quelque tourment...

avouer la noirceur, c'est prouver qu'il existe un désir d'autre chose.



gilles deleuze s'est suicidé. du coup, je m'intéresse à ses travaux. un type capable de se jeter par la fenêtre à 70 ans mérite tout mon respect .


cf: la mort dans l'âme: tango avec cioran (odile jacob)


jeudi 24 novembre 2011

flash #2

il ne voit rien s'échappe et chasse...
days dawning, skins crawling...
il contemple avec envie cette impasse,
il est bien même pas,
il stagne et s'ébat à peine,
encore une heure,
et cette éternité stochastique
sera sienne...

mardi 22 novembre 2011

tw...4

potion pulsion pression prégnance
à nos pertes l'abîme...
mes chemins de traverse sont indécents...
plus les chaînes sont longues, plus le bourreau amène...
rien ne mène à
encore un effort si vous voulez être...
ne rien attendre, pas même ça...
d'ici une petite centaine de milliards d'années, même la dernière des molécules se sera disloquée:
la gueule de notre univers, lors.
pas sûr que j'attende jusque là...
j'ai par ici une estafilade dont l'origine m'échappe
dans les voiles vent mièvre dans les cordes ton apocope
mydriase...
ou apocalypse...
n'aimer rien tant que l'angle... périlleux.
comme un aérolithe sur l'asphalte.

vendredi 18 novembre 2011

constant now


dEUS, admirable, comme toujours...